Vie du campus

Opération WER

WER

Ce jour là, tu t’es mordu les doigts de ne pas avoir végété une bonne heure dans la file d’attente. Tu les regardais tes camarades, tous émoustillés d’avoir décroché une place au WER pragois. Tu ruminais contre ton prof d’IP, celui qui t’as empêché d’aller chercher ta place parce qu’il s’extasiait comme une adolescente pubère devant Guy Carcassonne; tu maudissais ton banquier qui ne t’a pas accordé un crédit subprime pour ton billet et le type du BDE pour avoir fermé la liste d’attente devant toi. J’espère que tu te consoleras en lisant ces quelques mots.

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                                          La vieille ville de Prague et son Château.

« Roger a les boules »

Je suppose cher lecteur que tu ne connais pas Roger; et pour cause tu n’as peut-être pas eu la chance de partir au WER de Prague, ni d’occuper le bus n°1, et encore moins le n°3. Dans cet autocar là, monta d’un pas assuré Roger. Le reste l’était beaucoup moins …. (assuré). L’homme à la moustache frémissante nous a joué le grand jeu. Il roulait à 80km/h sur les autoroutes allemandes, et a tenu à suivre José lorsque celui-ci loupa la sortie, nous offrant par la même occasion un tour de trois quarts d’heure dans la banlieue désolée de Prague…Roger a mis l’ambiance! La tension était palpable dans les cars n°3et n°1. Oui, parce que le n°3 accompagnait le n°1: franchement séparer Roger de José, c’est aussi absurde que Starsky sans Hutch. Occasionnellement un membre du BDE, après avoir arrosé les gosiers de bière bon marché, se risqua à informer le reste du car des exploits de nos compères. « Roger a les boules, il faut l’attendre. », « On aura 6 heures de retard. »…. Le WER commençait sur les chapeaux de roue.

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                                          La Basilique Saint Nicolas.

Czech me out

Arrivé (enfin), tu poses tes affaires dans ta chambre et investis la ville à la recherche du point de rendez-vous pour la visite guidée. Tu demandes à une poignée d’autochtones si l’espèce de caddie rouge qui leur sert de tram t’amèneras à Náměstí Republiky, et lis dans leur regard perplexe que tu aurais mieux fait d’apprendre le Tchèque au campus de Dijon. Au final tu profiteras de la visite que tu as inutilement payée puisqu’il suffisait de s’incruster dans le groupe. Le soir tombe, et ton nez dans la bière aussi. A moins de deux euros la pinte tu ne demandes même pas le prix ; à quoi bon tu es trop saoul pour calculer le taux de change.

Le lendemain, tu tentes quelques visites. Le musée du communisme, la Malà Strana , ou la ballade en calèche attrape-touriste te détendent avant d’embarquer pour la croisière optionnelle proposée par le BDE. Après trois tours autour du pont Charles, tu reviens sur terre, frustré. Cette fois, ton nez retombe dans la bière , avant que le soir ne tombe sur Prague.

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                                          La Chathedrale Notre-Dame-de-Tyn.

 » And tonight’s gonna be a good night » chantonnes-tu en te dirigeant vers le Roxy , boîte de nuit pragoise non loin du bar « Le Chapeau Rouge » (très sympa soit dit en passant). Tes escarpins/derbys claquent le pavé et gênent la vue tant tu les as polichés. A quoi bon? Au Roxy tu danses à côté d’un mec qui porte des chaussures de randonnée, transpire dans son bermuda et pousse des cris d’apaches. Rien n’y fait ton nez retombe dans la bière.

Encore une virée sur la Place de la vieille ville le lendemain, et te voilà dans le bus avec Roger pour de nouvelles aventures. Si tu as obtenu une place VIP dans son autocar (n°3), tu as eu le droit au contrôle par la douane volante. Cerise sur le gâteau, non seulement tu as dû jeter tes petits souvenirs herbacés par la fenêtre, mais en plus Roger s’est fait verbaliser de 490 euros parce qu’il avait oublié un papier officiel. Résultat, au lieu d’arriver boulevard Raspail à 5h du matin, comme notre car n°1 vaillamment conduit par José, tu as pu rentrer chez toi avec le métro de 9h.

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                                          La Banque centrale, vestige du communisme.

Cher lecteur je comprends ta haine. Malgré l’organisation parfois scabreuse du BDE, 130 euros pour profiter de Prague l’espace d’un WER vaut vraiment le coup. Toi pour 130 euros tu t’es retrouvé à Nogent sur Marne. Pour te consoler, dis toi que Roger a plus les boules que toi.

Article co-écrit avec Hélène Albugues. Photos prises lors du WER par les rédacteurs.

18 Comments

  • megaoufdu64

    Bdequandtunoustiens, je comprends que t’aies la rage parce que t’as été incapable de trouver un bar où la pinte était à moins de 35 couronnes mais plutôt que de le crier, flagelle toi pour la nullité de ton sens de la débrouille (ou de tes guides). Quant à l’agression sonore dont tu as été victime, je suis entièrement de ton avis, ils sont vraiment relous dans les boîtes de nuit à mettre de la musique fort pour que les gens dansent…
    L’article est sympa et ne fait pas que critiquer le voyage mais il est vrai que roger, à la longue, on s’en fout un peu :p.

  • Chach

    « Au Roxy tu danses à côté d’un mec qui porte des chaussures de randonnée, transpire dans son bermuda et pousse des cris d’apaches. »
    Ahaha. C’est véridique. Les Tchèques, MON-DIEU, les Tchèques…

  • Chloé DC

    LaPeniche a tres bien fait de faire un article satirique marrant et original.
    Pour tous les frustrés du WER qui cherchent un descriptif de Prague, rabattez vous sur le Routard ou le Michelin, et laissez LaPeniche faire son boulot de facon non-conventionnelle, si elle le souhaite.

  • martin

    Le bâtiment de la Banque centrale a été conçu et édifié encore dans les annés avant la Seconde Guerre Mondiale. Il est donc tout sauf un « vestige du communisme ».

  • Bdequandtunoustiens

    Propagande du BDE à peine masquée derrière POnt CHarles: la pinte à un euro. Encore plus fort que le bde qui l’annonçait à un 1,5 euros.
    Si on parle bien du même voyage dans la même ville, j’ai pas une pinte en dessous de 35 couronnes. Le taux était à un euro contre 25 couronnes.
    Ah et la boite de 5 étages, ça doit être ouf quand on est fan d’architecture, mais l’agression sonore dont on a été victime sur place atténue la beauté du lieu.
    Pinaillement votre,

  • Helene

    Là pour le coup, le caractère moqueur de ton commentaire me semble REELLEMENT injustifié…
    On n’a pas dit qu’il ne fallait pas aller au WER, on a juste noté les évènements marrants et parfois déroutants du week end ! De toute façon on a pas le don d’ubiquité, alors pour savoir ce qui se passait dans les autres bus… bref. Mais les aventures de Roger ont vraiment fait le tour des bus.
    On voulait juste aborder le WER d’un côté sympa et pas trop conventionnel, en mode le guide Michelin.

  • POnt CHarles.

    Mauvais esprit la péniche, on dirait que cet article est fait pour rassurer ceux qui n’ont pu faire ce fabuleux WER. Une ville magnifique, des pintes à 1euro et des bananes, des batiments splendides, des long island à 5 euros, une boite de 5 étages, l’absinthe légale,
    Je me trompe peut être mais Roger n’a conduit qu’un seul bus, je vois pas en quoi son odyssée peut rendre compte de ce qu’était le WER.(et les capirinha à 3 euros)

    La critique c’est sympa, le cynisme c’est chouette, l’ironie c’est trop lol je le conçois. Mais quand c’est pas justifié ça donne un papier sans intérêt.

    A quand l’article « Ouin ouin, au gala j’ai taché ma veste et j’ai perdu de vue ma bestah sur le dancefloor! »

  • Helene

    J’avoue, j’y ai été un peu fort. Excuse-moi.
    Mais pour ce qui est du bus…effectivement on y a passé un sacré bout de temps!
    Par ailleurs nous ne sommes pas vraiment en mesure de donner des explications plus précises sur les monuments etc., parce que les visites en groupe, c’est un peu en mode « je regarde ce qui me plaît et je cherche pas trop à savoir ce que c’est ». Là pour le coup, le Routard c’est mieux !
    Et le ton n’est pas forcément critique! On a beaucoup apprécié le séjour, mais il y a des moments (genre, la boîte) où franchement ça n’allait pas…

  • Quentin Astoin

    @Helene

    Un tel commentaire est assez déroutant. D’une part c’est tout à l’honneur de Michael de penser à ceux qui ne sont pas allés à Prague, d’autre part, le « si tu n’es pas content, rejoins lapeniche et fais des (sic) beaux articles » tue le droit à la critique. Triste.

  • busophile

    Le bus a tout de même bien été représentatif du voyage étant donné que sur 80 heures de voyage, on en a passé 30 dans le bus.
    Par ailleurs, je comprends le choix de parler des souvenirs communs, à savoir la boite ( et j’aurais insisté sur l’insoutenable musique), je me serais ennuyé (c’est un euphémisme) de lire le récit de son resto.
    Enfin bon, préférence pour les commentaires acerbes de EM et Helene.

  • Helene

    Tu as été à Prague non ? Eh bien tu as sûrement pu te rendre compte tout seul de la beauté de la ville. D’ailleurs, c’est pour ça qu’il y a les photos.
    Si tu n’es pas content, rejoins lapeniche et fais des beaux articles.

  • Michael Chimini

    Ce n’est évidemment pas ce que je demande, mais admettons.
    Ce n’est pas pour autant une raison pour déblatérer des lignes et des lignes sur Roger l’ultra-lolant, faiblement représentatif du voyage pour la majorité des étudiants présents comme pour ceux qui n’y étaient pas, ni pour adopter ce ton faussement critique dont je ne vois pas vraiment l’intérêt ici.

    Exemple :
    « A quoi bon? Au Roxy tu danses à côté d’un mec qui porte des chaussures de randonnée, transpire dans son bermuda et pousse des cris d’apaches. Rien n’y fait ton nez retombe dans la bière. »
    Pour pas mal de personnes, la soirée du samedi ne s’est pas SEULEMENT résumée à ça.

    Permettez moi cette remarque sans forcément me renvoyer à mon guide du routard, d’autant qu’il ne m’arrive pas souvent d’avoir quelque chose à redire sur les articles de La Péniche.
    Bonne continuation.

  • Michael Chimini

    Votre article est d’un intérêt vibrant ; parler 3 paragraphes sur 7 du bus 3 et de Roger pour expédier en quelques lignes et trois photos ce qui a réellement fait l’intérêt du voyage – la beauté de la ville, le goulash, le château, l’ambiance, tant de la ville que des groupes d’étudiants, et j’en oublie – je trouve ça vraiment nul.

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