Vie du campus

On a testé pour vous : le Buddy Love

la ville de l'amûr...

Pour toutes celles qui rêvaient que leur buddy s’appelle John, bodybuilder américain, sourire Abercrombie & Fitch, et ceux qui attendaient une Svetlana aux cheveux blonds dans un manteau de fourrure, le Buddy Program offre une seconde chance pour rencontrer l’âme sœur à Sciences Po : soirée speed dating avec Buddy Love.

En chemin, j’imaginais, dans une ambiance feutrée, à la lumière tamisée, des internationaux batifolant, le regard profond et la parole légère, passant la main dans leurs cheveux entre deux éclats de rire. Ou encore l’atmosphère lourde des sous-entendus, des clins d’œil et des tenues suggestives de jeunes qui n’attendent que de passer une nuit torride avec un corps étranger, où l’incompréhension laisserait place à l’instinct.

Il m’a suffit de passer la porte du restaurant pour que mes illusions, hélas, s’effondrent. Flam’s Montparnasse, mélange entre tradition alsacienne, légèrement rustique avec une lumière orangée et des tables en bois, et la touche froide et impersonnelle du restaurant de chaîne. Un peu déçue, mais encore plus amusée par l’incongruité de la situation, je m’approche d’un groupe d’une vingtaine de sciences-pistes, qui, entre étonnement, malaise et enthousiasme face à cette nouvelle recrue, m’accueillent à bras ouverts dans leur cercle autour de flammekueche et de bières.

Tout de suite, je suis escortée par Manuela Gheoldus, « experte en relations amoureuses franco-internationales », qui m’a trouvé une place en face d’un Allemand, déjà à l’aise dans son rôle de loveur en m’adressant clin d’œil et sourire aguicheur. La règle du jeu est simple : les hommes restent assis, et les femmes tournent. Deux issues possibles d’une rencontre : vous trouvez votre douce moitié ou, next ! Pour aider, de petits papiers circulent avec – un peu décevant – des questions pour mieux se connaître, style IELTS, mais que les participants savent tourner habilement à leur guise. En réponse à : « Où aimeriez vous partir en vacances ? », j’ai (presque) eu droit à une envolée lyrique sur une escapade dans un pays chaud et lointain où on serait libres et on s’aimerait.

Bon, mon excitation passée, je dois tout de même être franche et avouer que la plupart des Buddies n’étaient pas venus pour expérimenter « ze real french kiss », mais pour se rencontrer, et rire. Il faut dire qu’ambigüité et comique de situation étaient au rendez-vous, alors que les épanchements d’un Mexicain chaud-bouillant se heurtent à l’incompréhension de jeunettes à la recherche d’amitié, ou une Brésilienne, s’attendant à de la gastronomie française, explore curieusement les pauvres oignons et lardons recroquevillés de sa flammekueche refroidie.

Sympathique et plutôt bon enfant, en petit comité et dans le secret de la motivation première de chacun, cette soirée était placée sous le signe de la légèreté et du second degré pour beaucoup. Reste à s’avoir si, malgré l’atmosphère amicale, certaines affinités ont abouti. Après tout, même si ce ne sera jamais aussi glam que Julia Roberts et Hugh Grant sur la page Facebook du Buddy Love, le coup de foudre est toujours possible !

2 Comments

Répondre à Petit Robert Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.