Vie du campus

Micro Péniche : Spécial Journée de la Femme

Ou comment profiter d’une soirée très spéciale organisée par l’association Samovar pour demander aux étudiants de Sciences Po ce que la journée de la femme représente pour eux.

Portraits choisis.

Aaron, 22 ans, 4A master management de la culture et des médias

  • LaPeniche.net : Bonsoir Aaron, dis-moi, pour toi, que représente la journée de la femme ? Penses tu que ce soit quelque chose d’important ?

Aaron : Tout à fait, je pense que cette journée est utile dans la lutte pour l’égalité entre les sexes mais c’est vrai qu’elle a aussi un côté un peu artificiel, non authentique, créé dans un but particulier qui n’existe pas aux Etats Unis. Je suis d’accord avec l’idée d’une fête et d’un enrichissement par cette journée mais en réalité ça ne sert pas beaucoup. Cela permet de parler de l’égalité des sexes et c’est aussi le jour où les associations peuvent trouver un écho particulier pour leur lutte en faveur de l’égalité.

  • Merci de ta franchise ! Pour toi, justement, l’égalité hommes-femmes, aujourd’hui, elle en est où ?

C’est difficile à dire, tout d’abord les statistiques nous indiquent que le travail n’est pas achevé et que le sexisme persiste. On constate que très peu de femmes ont accès au pouvoir. Mais d’un autre coté, notre génération semble favoriser davantage l’égalité entre les sexes.


Stéphane, 19 ans, 2A (futur étudiant à Munich)

  • Même question que pour Aaron, qu’est ce que ça t’évoque, la journée de la femme ?

Stéphane : Et bien cela symbolise le combat pour les femmes commencé par les socialistes avec le Congrès de Copenhague au début du XXe siècle, puis par l’ONU en 1977 notamment, et le combat des féministes bien sûr. Mais c’est dommage que cela ne soit pas un jour férié, pour une véritable prise de conscience des gens.

  • Alors qu’est-ce que tu penses de la situation actuelle, c’est à dire de l’égalité hommes-femmes aujourd’hui ?

Je pense que cela dépend du pays, il y a des progrès incontestables mais ce n’est pas encore tout à fait cela au niveau des salaires par exemple. Finalement le problème n’est plus tant dans la loi que dans les mentalités. J’espère qu’il y aura un progrès, cela semble bien engagé dans de nombreux pays d’Europe mais cela semble au contraire plutôt mal engagé dans des pays comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite.


Iouri, 25 ans, doctorat d’économie

  • Bonsoir Iouri, en ce jeudi 8 mars, la journée de la femme, tu en penses quoi ?

Iouri : Je pense que c’est un excellent rappel à l’ordre, c’est à dire une journée où les hommes se conduisent de la façon dont ils devraient se conduire tous les jours à l’égard des femmes. La journée de la femme cela ne doit pas être un seul jour, mais quelque chose de quotidien, un idéal vers lequel on devrait tendre, au delà du symbole que représente cette journée. Je pense que c’est quelque chose d’utile, qui a une valeur symbolique forte et ce n’est peut être pas pris assez au sérieux en France mais dans beaucoup de pays, ça l’est davantage. Et puis je crois qu’une journée comme celle là vaut mieux que rien, c’est un gain supplémentaire.

  • Je vais te poser la même question qu’aux deux étudiants précédents, l’égalité hommes-femmes, telle qu’elle est aujourd’hui, tu penses qu’elle est satisfaisante ?

A mon avis, l’égalité hommes-femmes a bien avancé depuis le début du XXe siècle mais il reste beaucoup de conquêtes à réaliser et c’est le XXIe siècle qui les fera au fur et à mesure…


Suleyman, 22 ans, 4A, master management de la culture et des médias

  • Bonsoir Suleyman ! Dis moi, si tu es ici ce soir, c’est que la journée de la femme est quelque chose à laquelle tu es sensible, non ?

Suleyman : La journée de la femme, pour moi cela me rappelle mes souvenirs d’enfance en Tchétchénie, le jour où j’offrais à ma mère les cadeaux que je lui avais fabriqués à l’école maternelle. En Tchétchénie, le 8 mars est le vrai jour des femmes, c’est quelque chose de très important. Mais à travers l’histoire de mon pays, c’est l’origine de cette date qui ne me plaît pas trop, ce sont en effet des femmes proches de Lénine qui l’ont institué. Je n’aime pas trop ce jour pas vraiment à cause du féminisme mais plutôt à cause du communisme.

  • Et au sujet de l’égalité entre les hommes et les femmes, comment abordes-tu cette question ?

En France, je crois que nous sommes arrivés à un stade de quasi-égalité même si certains domaines restent plus vulnérables que d’autres. En Tchétchénie, je crois que la question ne se pose pas vraiment. Nous avons une autre mentalité, plus traditionnelle, et à vrai dire la question ne se pose même pas.


Micha, 19 ans, 2A (futur étudiant aux États-Unis), arrivé de Russie à l’âge de deux ans

  • Bonsoir Micha. En tant qu’organisateur de cette soirée pour la journée de la femme, quel est ton avis sur cette date particulière ?

Micha : Je pense que ce n’est pas du tout une revendication féministe mais simplement l’envie de célébrer les femmes qui anime cette journée. En Russie, la journée de la femme est quelque chose de très important, toutes les femmes reçoivent plusieurs bouquets de fleurs le 8 mars. Les russes sont parfois à tort réputés pour un certain machisme mais en réalité je pense qu’ils ont un profond respect pour les femmes. Il faut regretter que cela ne représente qu’une journée par an, mais c’est une fête majeure, et avant tout une bonne occasion de faire la fête je crois. Cela permet aussi de plaider pour la parité hommes-femmes, l’égalité des chances, des salaires, et de célébrer les femmes dans cette ambiance festive ce soir comme tu le vois.

  • D’accord, mais en ce qui concerne plus précisément cette question de l’égalité hommes-femmes, quel est ton point de vue ?

Je pense qu’elle est insuffisante, c’est certain, comme nous le montrent la répartition des élus à l’Assemblée nationale, ou bien même à Sciences Po, je constatais encore ce matin devant une affiche à Sciences Po que sur 38 profs, seules deux étaient des femmes. Il y a quelque chose qu’il faut changer. La soirée que nous avons organisé ne relève pas d’une action féministe mais plutôt d’une volonté d’assurer pourquoi pas une continuité entre les différentes associations de Sciences Po autour des revendications pour plus de parité. En ce qui concerne la Russie, l’égalité hommes-femmes était à son comble sous l’Union Soviétique où l’on a jamais vu autant de femmes sur les chantiers, ouvrières dans les usines… Mais cette égalité n’est malheureusement pas la même aujourd’hui dans les élites.


Merci à tous pour cette Micro-Péniche un peu spéciale réalisée dans la cave du bar l’Escale à l’occasion de la journée de la femme !

8 Comments

  • Micha

    ah oui j’oubliais… avis à la personne qui a subtilisé mon drapeau russe à la fin de la soirée. L’intervention des Spetsnaz sera requise en cas de non restitution rapide.

  • Micha

    Cher LOOOL,
    petite précision au sujet de la phrase que tu cites : je parle de la soirée russe, en tant qu’organisateur. Rien de "féministe" à proprement parler hier soir, car ce terme est encore (malheureusement) mal perçu par nos membres russes. (‘féministe’ est parfois associé à une insulte là bas, un peu comme ‘démocrate’… lamentable, j’en conviens, mais passons).
    Surtout, pas de ‘revendications féministes’.. car hier soir, la cause était gagnée 😉

    (et merci Charlotte pour ce chouette article!)

  • Charlotte

    Pour ceux qui n’auraient pas compris l’esprit de cette micro-péniche, je rappelle que le concept était de demander à des HOMMES ce qu’ils pensent de cette journée… Il s’agit donc d’un parti pris volontaire, d’où l’absence d’interview de femmes ici. Mais ne vous inquiétez pas, dans les prochaines micropéniches (et d’ailleurs c’est le cas déjà dans les précédentes) la parité hommes-femmes est toujours respectée !
    Et puis à vous de continuer le débat ici …

  • Camille

    Mouhahaha les gens.

    En tout cas bravo à Samovar pour cette soirée très réussie, et coucou à Nikolaï, Sergueï, Iouri, Alexeï, Andreï, Micha et autres Russes !

  • Etienne

    Effectivement, c’est assez étrange de ne pas avoir interrogé une seule femme…

    Sinon, je vous rapelle que vous avez pour la première fois en France la réelle possibilité d’élire une femme à la présidence de la République…C’est vous qui votez.

  • LOOOL

    "ce n’est pas du tout une revendication féministe mais simplement l’envie de célébrer les femmes qui anime cette journée. "
    Et après ça, le combat féministe est gagné… Pffiou.

  • MLF

    Elles se taisent. Leur bouche est faite pour sourire et non pour parler.
    Et puis comme de toute façon "en France nous sommes arrivés à un stade de quasi-égalité", y a de problème pour personne.

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