Je conseille à tous de faire un jour l’expérience d’une rencontre avec la Grande statue d’Aïn Ghazal... Là devant vous, elle se tiendra debout; les pieds bien à plat, vous toisant du haut de son 1, 05 m et de ses quelques dix mille ans. D’un premier abord, elle vous apparaîtra très laide : le tronc lisse et rectangulaire, les jambes grossièrement modelées, le cou trop long, le visage plat, cette bonne femme là ne rassemble à aucun des canons habituels de beauté.
Et pourtant, il faut s’attarder sur la finesse de sa bouche, la délicatesse de ses narines et la vivacité de son regard pour réaliser que la grande statue d’Aïn Gazhal témoigne en fait d’une réalité qui nous dépasse. Remarquez également certains détails tels que le contour des yeux et de l’iris qui sont de couleur noire, rendu grâce à une incrustation de bitume; la légère saillie horizontale au milieu des jambes figurant les genoux, la protubérance crânienne lisse et polie qui devait recevoir des perruques lors des cérémonies au cours desquelles ces statues étaient vénérées...
Modelée dans un des plus anciens villages de la région levantine (Liban actuel), elle a fait l’objet d’un véritable travail de création puisque la matière a d’abord été modelée à la main sur un réseau de branches de roseau ligaturées lui donnant sa structure interne à la manière d‘un squelette. Le plâtre dont elle est composée est ensuite cuit, attestant ainsi des balbutiements de la maîtrise des hautes températures.
La Grande statue d’Aïn Ghazal est un des témoignages les plus significatifs de l’histoire de l’humanité puisque grâce à elle, tout un pan d’une époque révolue s’ouvre aux investigations des archéologues : Comment vivaient ces populations ancestrales? Quels progrès techniques avaient-ils accompli? De quels types de cérémonies faisaient-elles l’objet?
Cette statue du VIIIe millénaire avant JC, retrouvée avec plusieurs dizaines de ses comparses dans une fosse, pourrait être, selon les archéologues, une représentation de la notion d’ancêtre ultime qui assurerait une fonction fondatrice à l’humanité. Pourtant, la Grande statue d’Aïn Ghazal est avant tout le produit d’une des premières révolutions artistiques mondiales, une révolution des formes où les représentations animales et géométriques s’effacent au profit de représentations anthropomorphes plaçant l’Homme au coeur de la réflexion esthétique pour des millénaires.

Derniers commentaires
Cet article c'est comme son album, aussitôt lu, aussitôt oublié... Le style est mauvais. Ce n'est pas parce que tu n'as pas réussi à percer avec ta chanson à la guitare, postée l'année dernière sur…
~ pfff
Those are super cute. I like you on Facebook.
~ Belstaff Jacket
Bigre quelle analyse ! Joey Starr a deux défauts, il ne mange pas chez Sarko (doc Ginéco), il en pleure pas aux resto du coeur (Solaar), et de plus il parle de classes sociales, le summum du vulgaire…
~ Axpal
"nous autres filles rêvons devant les magnifiques robes de créateur..." : bah non, pas toutes les autres filles. Mais rien de grave, le "nous les filles" et le "nous les hommes" n'est qu'une mauvaise…
~ Scarlett
A ce sujet, quand aurons-nous enfin nos propres concours de miss à Sciences Po ? Les grandes universités russes le font déjà , il est plus que temps de se mettre au goût du jour et de pouvoir…
~ TK