« Rock n’ Roll, 1939-1959 » est une rétrospective de ce qui s’est fait de mieux dans la musique Rock dans ces années là. Je vous imagine dubitatifs. « Y’avait rien avant les Beatles » murmure le plus hardi d’entre tous avant d’aller rougir de honte. Je ne me lance pas dans un délire hagiographique sur la période mais souvenez vous ! « Bee-Ba-beloo-bap she’s my baby ! »…Elvis Presley, Chuck Berry, Little Richard ou Jerry Lee Lewis, des noms qui nous sont familiers mais dont on ne connaît finalement pas grand chose. Cette expo, c’est une chance de mourir moins bête ou de briller un peu plus au Trivial Pursuit. L’expo nous fait découvrir une époque de changement, un tournant de l’histoire américaine. Du New Deal à Martin Lutherking en passant par le MacCarthysme, il s’en est passé des choses. En musique. La musique comme lien social, comme parenthèses de bonheur dans des années pas toujours facile. De la musique qui ne peut pas laisser de marbre. Un rythme endiablé emprunté à la musique afro-américaine, des crooners bien sous tout rapport qui secouent leurs mèches gominées devant des filles en serre-têtes et jupettes qui rougissent gentiment. On en est pas à l’hystérie des 60’s, à l’époque on savait se tenir et on savait danser. Les années d’or du Rock n’ Roll, le vrai, celui de vos grands parents, pas son ersatz pathétique qui se pratiquent dans les soirées mondaines du noble Paris sur « Partenaires Particuliers » (irk !)

L’expo se déroule en trois parties. D’abord un film de trois parties, introduction sur la période, ses scandales, ses héros, son ambiance, histoire de voir dans quoi on se lance. Et ensuite deux étages qui prennent environ deux heures de visite. Un parcours chronologique qui nous parle de joie bonne enfant, d’hédonisme et de fête dans l’Amérique d’après-guerre, celle qui lâche des bombes au Japon, celle qui poursuit les communistes et n’autorise pas les Noirs à s’asseoir dans le bus. Le paradoxe fait mal au cœur. La partie la plus touchante de l’expo étant d’ailleurs ces deux séries de photos, l’une montrant des Afro-américains en train de danser puis l’autre montrant les mêmes subir les affres de la ségrégation.

La question sociale a son importance mais la partie musicale aussi, bien sur. Un écouteur tous les trois pas, histoire de faire l’expo en musique en se dandinant gentiment parce qu’on sait bien qu’on a l’air stupide à danser avec des écouteurs sur les oreilles. Difficile de résister. Et puis bon, tout le monde le fait. Laissons nous aller puisque c’était le message de l’époque. Affiches, objets d’époque (des téléphones à la « happy days », la guitare du King), photos, biographies et extraits musicaux à la pelle, petites télés pour les voir se déhancher, l’expo est vraiment complète et un cd est offert à l’entrée pour exporter la joie de vivre (relative et puritaine c’est donc la nuance) de l’époque.

A visiter d’urgence. Des tas de choses à apprendre et un bon moment à passer.

261 boulevard Raspail, dans le 14ème, station Raspail ou Denfert, entrée 7,50 € ou 5,50 € pour les moins de 25 ans, ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 20h avec nocturne le mardi jusqu’à 22h.

Que la force du King soit avec vous.