L’homme a apprivoisé la terre, en est devenu l’espèce dominante, a connu des évolutions génétiques au cours des âges. Allons-nous rester comme cela? Probablement pas, l’évolution génétique du genre humain n’en est pas à son point final, d’autres étapes nous attendent. Et le prochain pallier, c’est l’acquisition de nouvelles capacités physiques et mentales. Qui n’a jamais rêvé de voler, de pouvoir se régénérer ou de devenir invisible ? telle est la théorie de Shandra Suresh, généticien Indien déconsidéré par un milieu scientifique qui n’accorde que peu de crédit à ses thèses fantaisistes.
Mais dans plusieurs endroits du monde, dans la solitude de leurs existences, des hommes et des femmes se découvrent des capacités nouvelles. Dans son petit box d’employé de bureau tokyoïte, Hiro Nakamura arrête son horloge pendant une seconde. Dans le Texas, la jeune Claire Bennett tombe d’un édifice de 20 mètres sans se blesser (à vrai dire, elle se brise les côtes et l’épaule, mais se remet tout ça en place avec une facilité déconcertante) Voilà pour le bref résumé de la série. Vous allez me dire, encore une série pseudo science-fiction sans scénario viable. Il n’en est rien.

Heroes brille par son intrigue et par l’astucieux mélange des genres qu’il propose. Si nous avons des personnages on ne peut plus communs (en vrac, infirmier, employé de bureau, pom-pom girl, politicien ou danseuse à Las Vegas) se découvrant des aptitudes extraordinaires, la série ne se transforme pas en version moderne des 4 Fantastiques. Pas de slip au dessus des collants, mais au contraire des peurs, des appréhensions, des doutes, des réflexions très profondes sur ces dons. Les personnages apprennent à maîtriser leurs pouvoirs, à vivre avec, voire à le cacher du reste du monde.

La trame principale, racontée par une voix off hypnotique, illustre le projet de scénaristes. Les personnages se posent des questions hautement existentielles, leurs pouvoirs n’est qu’un prisme dans leurs réflexions : qu’est-ce que l’homme moderne ? Quel est mon rôle sur Terre ? Dois-je croire au destin ? Pourquoi suis-je si « spécial Â» ? la série approche les frontières de l’épistémologie. Mais l’intrigue n’est pas en reste. Les personnages ne font pas que philosopher sur leurs petites particularités. Première chose très importante, ils ne se connaissent pas. Mondialiste, la série invente des hommes et des femmes spéciaux dispatchés dans le monde entier : Tokyo, New York, Haïti, Texas, autant dire qu’on voit du pays.

Dans l’affaire, Mohinder Suresh, décide de reprendre les travaux de son défunt père Shandra pour identifier les porteurs du génome évolué. L’un d’eux, un petit horloger sans le sou, deviendra par la suite un redoutable adversaire pour les autres personnages. Je ne vais pas vous raconter la suite de la série, mais d’ores et déjà plusieurs intrigues se mêlent et tiennent le spectateur en haleine : Mohinder va-t-il trouver ces gens ? l’horloger (dont le nom restera ici secret) sera-t-il arrêté à temps ? Ah oui, dernier détail, et pas des moindres, un des « Heroes Â» rêve qu’il explose…Et détruit New-York.

Lundi 21 mai 2007, la chaîne américaine NBC diffuse le dernier épisode de la première saison. Pour les petits malins internautes, c’est la fin d’une attente insoutenable. Tapez Heroes sur n’importe quel moteur de recherche, vous verrez le nombre faramineux de fans à travers le monde, et les théories les plus loufoques sont énoncées sur la suite de l’aventure. Pour la France, il faudra attendre septembre, date annoncée par TF1. Faites attention, cette série est une véritable bombe. Elle détrône les barons du petit écran aux Etats-Unis, et elle est bien partie pour faire de même en Europe. Dès maintenant, je vous pose la question : are you on the list ?