Cinéma

Le Coup de Coeur de la Redaction : LES INVISIBLES de Sébastien Lifshitz

En 1992 l’homosexualité n’est plus considérée comme maladie psychiatrique. La France fait un premier pas vers la reconnaissance de ses marginaux, ces quelques subversifs revendicateurs ou silencieux.

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Le documentaire de Sébastien Lifshitz nous montre ces agitateurs. Ils sont célibataires endurcis, amants éternels ou couples solides, tous homosexuels assumés. Nés dans l’entre-deux-guerres, ces vieux racontent leurs parcours, leurs luttes pour exister, contre l’hostilité d’une époque et au nom de la liberté.

Les témoignages se succèdent, mordants et décalés. Loin des clichés, c’est dans la France rurale que l’on rencontre ces grands-parents à la sagesse décomplexée. Nous pénétrons chez eux, avec leurs anecdotes incroyables et leur franc-parler hilarant. Voyez par exemple ce dandy décrire l’embarras d’érections incontrôlables sous les douches de Sciences-Po, quand le sport y était obligatoire, il y a soixante ans. Les récits sont impudiques et farfelus, mais les parcours restent édifiants. Ces grands-parents témoignent d’une vraie introspection. Ils ne taisent rien de la douloureuse différence ou des doutes intestins. Pourtant, les souvenirs tendres montrent le lent épanouissement d’individus insoumis. Face à l’errance, ils crient les rébellions, les rencontres et les sentiments.

Il n’y a pas d’uniformité des parcours, mais en 1h55, c’est une France méconnaissable qui apparaît. On voit les ravages du modèle familial traditionnel et rigide, la force des conventions, le rejet de l’altérité, l’intolérance banalisée. Pour autant, ces grands-parents-là déjà se levaient, en militants fiévreux. Ce film raconte les manifestations et les clubs clandestins, il décrit les luttes féministes, celles de 68 ou pour l’IVG. Ces grands-parents incarnent le combat pour l’épanouissement individuel et leurs questions raisonnent encore aujourd’hui.

Cette œuvre est une bouffée d’optimisme. Ne pensez pas voir des vieillards rompus par la discrimination. « Les invisibles » chantent leur soif de vivre, leur hymne aux plaisirs. S’ils sont nés homos, ils ont aussi reçu une force remarquable pour l’affirmer. Sans vouloir tout intellectualiser, ils ne demandent que le bonheur, qu’à « jouir sans entraves ».

Pas vraiment militant, ce documentaire est un recueil de vies, de propos savoureux. C’est un regard sur l’âge et la maturité. Ces vieux-là s’érigent en modèles, et dans leur liberté, dans leurs amours et leur vitalité, ils font de la jeunesse un concept non-périssable.

2 Comments

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