Vie du campus

La prise d’otage au XXIe siècle : le cas d’Ingrid Betancourt

Le 23 février 2007 marquera les cinq ans de captivité; d’Ingrid Betancourt, retenue par les FARC en Colombie. Son Comité; de soutien et sa fille Mélanie Betancourt ont donc lancée; une vaste campagne médiatique le mardi 23 janvier, afin de créer un « buzz » et d’interpeller les politiques. A cette occasion, le BdE avait réuni pour un café-débat exceptionnel, Mélanie Betancourt, son père Fabrice Delloye et Maître Francis Chouraqui, président de l’ONG Otages du Monde dans l’amphithéâtre Jean Moulin, 13 rue de l’Université.

Ils ont alors pu faire un point sur la situation d’Ingrid et l’engagement français auprès des otages dans le monde. Ils ont tenu à rappeler qu’Ingrid Betancourt est l’otage français retenu en captivité, le plus longtemps, alors qu’aucun enregistrement attestant de sa survie n’a été transmis à la famille depuis quatre ans. Bien que les actions lancées pour faire libérer Ingrid aient échoué, la famille Betancourt fait preuve d’un courage impressionnant et a témoigné de son combat quotidien en dialoguant avec les élèves de l’ancienne école d’Ingrid.

Mélanie Betancourt, 22 ans, lauréate du Prix RTL de la Femme de l’Année 2007, a présenté; le manifeste du Comité de Soutien à Ingrid Betancourt, lancé à l’occasion de la campagne présidentielle afin de ne plus obtenir de la compassion mais des actes de la part des politiques. En effet, la famille Betancourt comme Maître Chouraqui regrettent le manque d’engagement de l’Etat français pour l’une de ses ressortissantes et ne veulent pas qu’elle vive un nouveau quinquennat en tant qu’otage. C’est pourquoi, à l’instar du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot, la famille Betancourt et le Comité de soutien demandent aux candidats à l’élection présidentielle de s’engager concrètement à travers plusieurs actions. Les intervenants ont alors incité les élèves engagés en politique à faire pression auprès de leur candidat pour soutenir leur cause.

Le dialogue s’est ensuite engagé entre les intervenants et une salle absorbée. Mélanie et son père ont répondu en toute franchise aux questions de l’assemblée, des plus personnelles au plus générales. Maître Chouraqui et Francis Delloye sont revenus sur les points plus techniques du droit international et de la situation colombienne dans un souci d’éclairer l’auditoire. En tant que Président d’Otages du Monde, Maître Chouraqui et la famille Betancourt ont clairement affiché leur volonté de mobiliser l’opinion publique. Il est vrai que sa notoriété accroît sa valeur en tant qu’otage politique, mais parler d’elle la maintient en vie. C’est pourquoi les soutiens d’Ingrid Betancourt demandent la tenue d’une conférence de presse du Quai d’Orsay, une fois par trimestre, pour faire le point sur la situation. La question d’un décompte télévisé des jours de détention d’Ingrid Betancourt identique à ce qui a été fait lors des enlèvements de journalistes français, a été soulevée : Mélanie Betancourt a déploré que la « solidarité journalistique » n’existe pas à l’échelle nationale.

Ce café-débat est une belle réussite de l’équipe du BDE malgré l’absence de Florence Aubenas et marque le lancement symbolique du Manifeste pour la libération d’Ingrid Betancourt.

Nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer Mélanie Betancourt avant la tenue de la conférence.

LaPeniche.net : Ta mère est une ancienne étudiante de Sciences Po. Quel rôle peuvent avoir les étudiants actuels ?

Mélanie Betancourt : Vous êtes une population étudiante très engagée : en politique, dans de nombreuses et très diverses associations, pour des causes humanitaires ou sociales. Vous êtes un lieu de débats, vous êtes amenés à faire bouger les choses. Vous aussi, vous avez un rôle à jouer, pour libérer ma mère, et faire entendre la cause des otages de Colombie ! Signez le manifeste, faites-le signer, parlez-en autour de vous, faites remonter l’information auprès de vos candidats !

On m’a fait part d’un projet pour impliquer physiquement Sciences Po…

Tout comme les portraits de Florence Aubenas et Hussein Hannoun déployés en 2005 sur la façade de la Mairie de Paris, l’idée serait d’afficher un portrait d’Ingrid sur la façade du 27, rue Saint-Guillaume. Nous avons contacté l’Association des Anciens de Sciences Po, qui ont répondu avec beaucoup d’enthousiasme à notre appel, désireux de s’investir dans la cause de leur ancienne camarade. Le projet a une valeur très symbolique et aurait un impact médiatique fort. « L’institution » Sciences Po doit s’investir pour son ancienne élève ! Nous avons déjà fait une demande de rendez-vous auprès de l’administration.

De plus amples informations sur Ingrid Betancourt, les FARC et la situation des otages en Colombie sont disponibles sur le site du Comité de Soutien à Ingrid Betancourt. Vous pouvez aussi y signer la pétition et trouver un exemplaire du Manifeste.

Compte-rendu par Laure, propos recueillis par Gaëtan

Un grand merci à Hervé Marro, étudiant en 4A et porte-parole du Comité de Soutien à Ingrid Betancourt, et à Mélanie Betancourt, pour leur disponibilité.

One Comment

  • Fred

    Je suis très sensible à la question de l’enlèvement d’Ingrid Bétancourt et j’espère que Sciences Po s’y impliquera de façon plus institutionnelle. Bon courage à Mélanie et toute la famille Bétancourt ainsi qu’aux proches de tous les otages colombiens.

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