Vie du campus

Interview : Alexis Prokopiev, 5A, responsable communication d’InterZaide – Fac verte

Après le président de l´Uni-Sciences Po, c’est au tour d’Alexis Prokopiev, élu InterZaide – Fac verte à la Commission paritaire depuis janvier, de se prêter au jeu de nos questions.

Depuis les dernières élections syndicales, InterZaide – Fac verte est la seconde organisation représentative étudiante à Sciences Po. Découverte.

  • LaPeniche.net : Bonjour Alexis. Avant tout, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Alexis Prokopiev : J´ai 23 ans, je suis entré à Sciences Po en 2002 en 1A, donc juste après le bac, et j´ai fait le premier cycle est-européen de Dijon, puis une 3A à Prague et maintenant je suis en 5A année à Paris, en master Affaires publiques. Au niveau des expériences associatives, j´étais membre de Greenpeace Russie, j´ai aussi travaillé avec des ONG de défense des droits de l´Homme en Russie, puis avec des associations d´accueil des réfugiés en France (notamment des réfugiés biélorusses).

En 2002, j´avais monté des actions contre le FN dans mon lycée (Lycée en Forêt à Montargis, dans le Loiret), à cette époque on avait réussi à faire sortir beaucoup de gens et surtout beaucoup de jeunes dans la rue après le 21 avril.

Qu’est-ce qu’InterZaide – Fac verte ? Comment y es-tu entré ?

D´abord il faut dire que InterZaide – Fac verte est une alliance syndicale qui s´est créée en 2005 à Sciences Po entre d´un côté InterZaide qui est un syndicat indépendant axé sur les questions internationales et qui existe depuis 2001 et Fac verte qui est une organisation écologiste qui agit dans le champ de l’enseignement supérieur et qui existe depuis quelques années au niveau national et réalise de très bons scores.

Pour ce qui est de mon engagement personnel dans cette alliance syndicale, il est dû à plusieurs choses.

Premièrement c´est la volonté de défendre le projet Ecocampus à Sciences Po, qui est un projet concret, réalisable et nécessaire dans un établissement qui souhaite devenir un lieu d´études modèle et innovant. Dans le passé, Ecocampus avait été porté par plusieurs associations, puis un syndicat (je ne vous dirai pas lequel mais vous pouvez deviner !) l´avait même inclus dans son programme électoral, malheureusement ce syndicat s´en était servi uniquement comme argument « marketing » électoral et n´a jamais fait quoi que ce soit par la suite. D´où ma volonté de m´impliquer personnellement dans le cadre d´une alliance syndicale.

Deuxièmement je connaissais bien les gens d´InterZaide et je savais aussi qu´ils étaient particulièrement attachés à l´aide sociale, aux projets internationaux, aux Conventions ZEP, etc. Je me retrouvais assez bien dans ce positionnement donc l´alliance n´a pas été très difficile à réaliser.

La présence et l´excellent score d´InterZaide – Fac verte (35 % et 7 élus !) lors des dernières élections syndicales reflètent, selon moi, l´exaspération d´un grand nombre d´étudiants devant les autres syndicats « classiques » qui s´enferment dans leurs bulles et leurs dogmes nationaux et ne voient pas les problèmes et les préoccupations réelles des étudiants à Sciences Po. Nous avons réussi à porter un projet moderne et original face aux autres qui se vantaient souvent d´exister, contrairement à nous, depuis le début du 20ème siècle mais dont les propositions et l´idéologie ne semblent pas avoir bougé depuis.

Donc, pour résumer brièvement InterZaide – Fac verte, nous sommes une alliance syndicale structurée autour d´un programme dont les principaux axes sont l´aide sociale, la coopération internationale, l´Ecocampus, les conditions d´études et l´innovation pédagogique. Nous n´avons pas de grosses machines nationales qui nous aident, ni de partis politiques qui nous donnent des ordres… C´est pour cela que nous n´avons pas peur de faire bouger les choses à Sciences Po et sortir de la sénilité du dialogue entre les étudiants, les enseignants et la direction sans tomber dans le corporatisme ou la démagogie dont font déjà si bien preuve les autres syndicats.

  • Quels seront les axes de campagne d’InterZaide – Fac verte cette année ?

Nous sommes en pleine élaboration de programme pour les élections de cette année donc je ne peux pas encore vous dire précisément son contenu. Ce qui est certain, c´est que nous allons bien évidemment retrouver nos axes fondamentaux mais en les actualisant par rapport aux dossiers que nous avons fait avancer l´année dernière.

Je peux confirmer aussi le fait que notre programme va changer par rapport à l´année dernière puisque désormais nous avons une plus grande expérience syndicale à Sciences Po et nous connaissons sans doute mieux les nouvelles préoccupations des étudiants. Par exemple, l´année dernière, nous étions les premiers à parler des problèmes de la politique des langues à Sciences Po, nous avons réalisé des enquêtes, fait une campagne de sensibilisation, négocié avec la direction et bien évidemment proposé une réforme. Aujourd´hui, six mois plus tard, les autres syndicats se saisissent enfin de cette question et nous espérons jouer les premiers rôles afin de défendre notre projet dans une négociation qui s´annonce plutôt difficile.

Donc les grands axes de notre campagne restent les mêmes : aide sociale, coopération internationale, Ecocampus, innovation pédagogique et amélioration des conditions d´études. Nous avons réussi à avoir des avancées dans tous ces domaines mais nous considérons qu´elles sont insuffisantes, donc nous allons continuer à défendre ces dossiers. Par contre nous ne sommes pas en manque d´idées et vous pouvez compter sur nous pour avoir des positions innovantes et originales lors des prochaines élections ! Je peux vous conseiller de consulter régulièrement notre site pour vous tenir au courant de l´avancée des travaux.

  • Penses-tu que InterZaide – Fac verte soit suffisamment visible à Sciences Po ?

Je pense que nous ne sommes jamais assez visibles et en tant que responsable de la communication au sein d´InterZaide – Fac verte, j´aimerais que nous le soyons beaucoup plus. Malheureusement, encore une fois, nous n´avons pas de grosses machines nationales qui nous aident sur le plan financier et logistique. Nous devons donc faire avec le peu de moyens que nous avons et je pense que sincèrement on s´en sort pas si mal que ça ! D´ailleurs nous venons de lancer, comme l´année dernière, une campagne qui s´intitule « Join the team! » et qui invite les étudiants à nous rejoindre et à participer à la vie de l´école au sein d´InterZaide – Fac verte.

  • Que réponds-tu aux nombreux détracteurs d’InterZaide – Fac verte qui l’accusent de n’avoir aucune proposition claire et de ne rassembler que de « gentils bobos écolos » ?

C´est quoi être « bobo » ? Pour moi, le terme « bobo » signifie « bourgeois parisien bien pensant » qui est en réalité enfermé dans un vaste conformisme. Je ne crois pas que ce qualificatif puisse être valable pour notre syndicat car nous sommes justement tout sauf conformistes : nous venons d´horizons et de pays très divers (il y avait 10 nationalités différentes sur nos listes l´années dernière) et de milieux très variés donc je vois pas comment on peut tous être des bourgeois parisiens. Pour ce qui est de « gentils », je pense qu´il faut demander aux autres syndicats et à la direction ou lire les procès verbaux des réunions… nos prises de position sont souvent loin d´être « gentilles ».

Vous parlez aussi des « nombreux détracteurs » de notre syndicat. Je ne suis pas tout à fait d´accord avec ça. Si vous regardez bien qui raconte des histoires derrière notre dos vous allez vite vous apercevoir que ce sont des gens très proches des autres syndicats. Pourquoi nous en veulent-ils autant ? Parce que justement nous ne sommes pas de « gentils bobos écolos » ! Nous avons pris une place importante dans le paysage syndical à Sciences Po qui était jusque là réservée aux « grands syndicats nationaux », bien sûr que le premier but de ces syndicats est de reprendre cette place parfois même en s´unissant contre nous !

On nous accuse par exemple aussi de ne pas nous positionner sur la scène politique française, mais comment un syndicat véritablement international peut-il le faire ? Nombreux d´entre-nous sont engagés politiquement, mais, par exemple, est-ce que la gauche polonaise, c´est la même chose que la gauche française ? Est-ce que être « de droite » en Colombie signifie quelque chose en France ? Est-ce qu´on peut dire qu´un centriste tchèque est véritablement au centre ? Non, c´est pour cela que nous ne nous positionnons jamais dans le cadre syndical par rapport à la politique nationale française ce qui d´ailleurs devrait être le cas de tous les syndicats conformément à la Charte d´Amiens de 1906 qui a gravé cette indépendance dans le marbre.

Par contre nous avons des positions claires et affirmées quant aux enjeux des l´enseignement et particulièrement du projet pédagogique de Sciences Po.

  • Enfin, pour conclure, comment vois-tu la création d’un webzine à Sciences Po ?

Je pense qu´à Sciences Po, surtout à Paris, les étudiants se sentent parfois un peu isolés, beaucoup ne se connaissent pas et ne sont pas informés de la très riche actualité associative. Si le but de ce webzine est de devenir un lieu sympa où les étudiants pourront s´exprimer, se rencontrer pour mieux se connaître, où les associations pourront faire la promotion de leurs projets et où on trouvera des infos intéressantes alors je pense que c´est une idée géniale !

(NdR : Sans jamais se départir de leur esprit critique, les rédacteurs de LaPeniche.net entendent promouvoir la qualité et la circulation de l’information étudiante à Sciences Po, et elles seules. En aucun cas, LaPeniche.net ne saurait être, et encore moins devenir, un panneau d’affichage pour quelque association ou syndicat que ce soit.)

Je pense également qu´à Sciences Po, on manque de dialogue entre les différents masters mais aussi entre les enseignants, les chercheurs et les étudiants, ça peut être bien si LaPeniche.net contribue à améliorer cette situation en donnant la parole à un maximum de gens.

Merci Alexis.

16 Comments

  • Rémi

    Fred,
    Tu vas sûrement rire, mais je suis tout à fait d’accord avec toi.
    Ces querelles sont inutiles et stupides, le but du syndicalisme étudiant est de gagner des droits, le reste c’est du bullshit.
    Ce qui me dérange pour tout dire chez Interzaide (dans une moindre mesure pour FV que je respecte beaucoup) c’est ce mépris de ceux qui se démènent.
    Quand dans un tract d’IZ sur la politique des langues le titre est "certains parlent d’autres agissent", je trouve cela insultant pour les dizaines de militants qui se sont déménés pour faire signer des pétitions et changer vraiment les choses alors que les mecs qui ont écrit le tract ne viennent qu’une semaine par an à Sciences Po.

    Je n’attends qu’une chose de Fac-Verte, que l’organisation prenne ses responsabilités, agisse vraiment et ne se laisse plus bouffer par une corporation à Sciences Po qui n’a jamais rien fait d’autre que voter pour tous les projets de l’administration.

    Je serais ravi de voir de vrais syndicalistes engagés à Sciences Po et pas seulement des mecs qui parlent et parlent mais ne font rien. En ce moment IZ-FV c’est cela et voilà pourquoi nous sommes obligé de répondre.
    Nous sommes d’accord sur de nombreux points alors au lieu d’essayer de se positionner politiquement en critiquant ceux qui se bougent, il serait plus utile de travailler ensemble, voilà mon espoir.

    Amicalement (et vraiment)
    Rémi B.

  • Fred007

    C’est toujours très drôle de voir le débat syndical plane au plus bas. Pkoi toujours chercher la contradiction polémique?
    Bref, j’ai l’impression d’assister à un débat dont ne veulent plus les étudiants: celui qui consiste a revendiquer telle ou telle réalisation, et la légitimité d’une présence.

    Pour info, Fac Verte a été crée pour être au dessus de tout ca. Le fait est que sur le terrain, on ne peut pas éviter de répondre par principe, puisque c’est la provocation permanente.
    Juste donc par principe, que l’UNEF et la Cé se rassure, le propre de Fac Verte c’est de proposer du concret et de l’original, vous croiserez donc l’équipe FV très rapidement.
    Merci au passage à lapeniche.net pour l’espace de débat.

    Frédéric BADINA – Administrateur de Fac Verte – Etudiant ESSEC.

  • Rémi

    Diego, il serait bien que tes petites réflexions personnelles rageuses ne viennent pas sans arrêt polluer les commentaires sans apporter quelque chose de précis.

    Si tu as des problèmes avec le contenu des articles ou des commentaires, parle sur le fond, mais l’attitude de la puce revenant toujours à la charge sans argument est proche du ridicule.
    D’un autre côté si tu as problèmes personnels avec certains, va les voir en direct, ce sera plus courageux.Je serais par exemple ravi de discuter avec toi en tête à tête sur des sujets de fond.

    Cordialement,
    Rémi Bensoussan

  • Diego

    Pas très convaincant l’argumentaire de Monsieur Buck, parfois même mensonger. Mais bon on vend son idéologie comme on peut.

    Diego Melchior Confédération Etudiante Paris.

  • fétiche

    L’effet visible de l’Ecocampus, ce sont des poubelles de tri sélectif sans celle manquante pour le tout-venant, qu’on retrouve dans tout système réfléchi. Interzaide c’est les poubelles chiantes, rien de plus. Fac Verte? Où ça?

    Et les 7 élus je crains que ce ne soient des votes par défaut du fait du vide politique à droite (et je crains que Nouvelle Donne tente, j’ai bien dit tente, de reprendre le créneau). D’ailleurs c’est pas beaucoup. Insister dessus ne fait qu’appuyer le ridicule de la chose.

    Enfin le bobo n’est pas un concept parisien puisqu’inventé par un américain. Les propositions d’ITZ relèvent du boboïsme le plus parfait. Et être citoyen du monde ne fait qu’y rajouter

    Mais j’ai critiqué ITZ, je dois être agent infiltré de l’UNEF je présume.

  • Gwenolé

    Je sais très bien, Alexis, que la réforme mise en place n’est pas celle que vous demandiez. Nous sommes même en grande partie d’accord sur les propositions à avancer pour la politique des langues.
    J’essayais juste de faire comprendre que c’est bien beau de rencontrer Collins, mais qu’à partir d’un certain point, il faut aussi agir pour faire en sorte de voir ses propositions prises en compte.

    Mais vous persistez dans ce que je vous reproche : au lieu de critiquer l’UNEF, développez vos propositions ! Développez les moyens que vous souhaitez vous donner pour que vos propositions soient mises en oeuvre. Cela vous évitera d’être réduits à devoir m’accuser personnellement de tous les maux.

    Je réitère mon espoir : que le débat syndical puisse enfin avoir lieu.

    Malgré tout cordialement,
    Gwenolé Buck

  • Juliette

    Moi ce que j’aime dans cette interview :

    "Quels seront les axes de campagne d’InterZaide – Fac verte cette année ?

    Nous sommes en pleine élaboration de programme pour les élections de cette année donc je ne peux pas encore vous dire précisément son contenu."

    Je comprends mieux pourquoi on ne voit jamais Interzaide-FV à Sciences Po, c’est parce qu’ils attendent les élections pour se montrer…

  • Alexis

    Réponse sur la politique des langues : Gwenolé n’a encore une fois pas regardé les procès verbaux… il aurait pu y voir que la réforme que la direction essaie de mettre en place va totalement à l’encontre de nos propositions. Nous l’avons déjà fait savoir plusieurs fois et nous allons continuer à nous y opposer.

    Sinon, un grand merci à Florian pour l’espace de débat qu’il nous offre. Nous allons lui soumettre nos propositions dès que le programme est terminé.

  • Gwenolé

    Je suis ravi d´apprendre qu´InterZaide a rencontré Richard Collins en Avril 2006. Doit-on en déduire qu´InterZaide est à l´origine de la réforme de la politique des langues de cette année ?

    La Commission de Suivi Social existe grâce à l´UNEF : un petit coup d´oeil aux PV des deux Conseils vous en persuadera.

    Mon interview pour lapeniche.net est en cours de publication : vous pourrez y constater que l´UNEF n´a pas besoin de "mystifier" ou de dire constamment du mal des autres syndicats pour exister : nous existons grâce à notre projet et grâce à notre présence quotidienne auprès des autres étudiants.

    J´espère avoir bientôt enfin l´occasion de discuter avec vous sur ce terrain – celui du syndicalisme.

    Cordialement,
    Gwenolé Buck

  • Florian

    Bonjour,

    Je suis heureux que LaPeniche.net devienne un lieu de débat et d’échange, qui puisse donner aux étudiants une meilleure information sur le point de vue de chaque mouvement associatif ou syndical.

    Nos rédacteurs n’ont cependant pas vocation à s’impliquer dans ce type de débat sous l’étiquette "lapeniche.net", puisque nous avons une ligne éditoriale qui vise l’indépendance.

    Toujours dans un but d’information, au moment des élections syndicales (qui vont arriver rapidement), nous réaliserons un tableau comparatif, récaputilant les positions des différents syndicats sur les questions clé de la vie à Sciences Po. Afin de déterminer les thématiques qui seront abordées, n’hésitez pas à me communiquer des propositions.

    Cordialement,
    Florian Bezault, Président de LaPeniche.net

  • dominik.zunt

    Cher Gwenole,
    je ne peux que m’etonner de nombreuses affirmations que tu mets en avant dans ta reponse a l’interview avec Alexei. Je suis desole de voir que tu joues sur la mystification pour donner de l’importance à l’action de l’UNEF.

    Un exemple precis, tu dis: "…mais aussi les actions concrètes que nous menons pour défendre nos principes (l´année dernière, ce sont 166 étudiants qui ont été exonérés, au moins partiellement, de droits de scolarité, grâce à l´UNEF)"

    En tant que membre d’Interzaide-fac verte siegeant a la Commission du suivi social cette annee, je suis plus qu’etonne par une telle affirmation.

    Il me semble que c’est la Commission de suivi social instauree en automne 2005 qui decide de l’exoneration partielle ou totale des droits de scolarite des etudiants. L’annee derniere 3 personnes y siegeaient: Paul Lasalle, pour Interzaide, Virginie Battu pour UNEF et M. Jean-Marie ALLIAUME pour les syndicats des salaries. C’est donc a la Commission que les etudiants doivent leur exoneration. C’est certainement pas a l’UNEF, pas plus qu’a Interzaide ou M. Alliaume.

    En esperant que les prochains echanges se passeront des mystifications inutiles de ta part, je te souhaite une excellente soiree.

    Dominik Zunt, 4e annee, tresorier Interzaide
    dominik . zunt (arrb) volny.cz

  • Alexis

    Je ne sais pas si ce webzine est l’endroit approprié pour les débats entre les syndicats (je pense que ses rédacteurs me donneront une réponse) mais je vais répondre, de manière brève, au propos tenus ici par le président de l’UNEF Sciences Po. Cette réponse est personnelle et n’implique pas Interzaide – Fac Verte.
    D’abord, l’UNEF m’étonne toujours par sa capacité à se sentir au centre du monde. Dans mon interview ai-je prononcé au moins une fois le mot UNEF ? Ai-je parlé directement de ce syndicat ? Non. Car, cher Gwenolé, je suis désolé de te l’apprendre mais il y a d’autres syndicats à Sciences Po et ils ont tous une importance ! D’ailleurs, je ne parlais pas forcément de l’UNEF puisque j’ai sans doute encore plus de reproches à faire à l’UNI, les élus de l’UNEF étant au moins pratiquement toujours présents lors des réunions…

    Sur le fond, je suis déçu de constater que le président de l’UNEF Sciences Po est si mal informé des activités syndicales à l’IEP, puisque si il l’était il serait sans doute au courant du fait que les élus d’Interzaide – Fac Verte ont fait une réunion avec Richard Collins en avril 2006 ( !) et ont demandé sa présence lors de la Commission Paritaire du 15 mai 2006 (voir le procès verbal ici : http://www.sciences-po.fr/format... afin de lui parler de notre projet pour la refonte de la politique des langues à Sciences Po.
    Malheureusement je ne vous donne ici qu’un exemple, la majorité des dossiers que le président de l’UNEF se vante d’avoir fait avancer sont le fruit du travail de tous les syndicats.
    Je ne comprends pas comment l’UNEF peut avoir le culot pour se réclamer être à l’origine des avancées sur le dossier Ecocampus puisque c’est Interzaide – Fac Verte qui a obtenu le tri des déchets et demande depuis des mois une véritable réduction de la consommation du papier et la mise en place des bacs uniquement à papier à côté des imprimantes et des photocopieuses.

    Enfin, cher Gwenolé nous parle toujours d’Interzaide alors que depuis un an il y a un certain syndicat qui a 7 élus à Sciences Po et qui s’appelle Interzaide – Fac Verte.

    Pour finir, Gwenolé nous parle des pratiques syndicales et du CNESER… Je dois dire qu’il peut s’estimer heureux que je n’ai pas écrit un article, comme je souhaitais le faire, sur les pratiques scandaleuses de l’UNEF lors des dernières élections au CNESER car ça allait de simples intimidations jusqu’aux demandes directes de donner mon bulletin à un élu UNEF ou de le remplir devant lui !

  • Gwenolé

    Bonjour,

    je m´appelle Gwenolé et je suis Président de l´UNEF Sciences Po.
    Je tiens à intervenir ici pour rétablir certaines vérités sur le compte de l´UNEF.

    1) L´UNEF, car c´est d´elle qu´il s´agit, ne s´est pas associée au projet "Ecocampus" par démagogie ou opportunisme. Nous avons obtenu le tri des déchets à Sciences Po, et des mesures pour tenter de réduire le nombre d´impressions en salle informatique. Ce sont de petites mesures, mais qui vont dans le bon sens, et si nous avons peut-être insuffisamment communiqué sur la question, cést peut-être parce que, premièrement, nous n´avons pas de responsable "communication" et que, deuxièmement, le grand nombre d´améliorations que nous obtenons chaque année nous conduit à opérer des choix dans ce que nous mettons en avant.

    2) L´UNEF est tellement enfermée dans sa "bulle dogmatique nattionale" qu´elle a mené dès la rentrée à Sciences Po une campagne sur la politique des langues, qui a recueilli le soutien de plus de 800 étudiants. Grâce à cette campagne, des avancées sont en passe d´être obtenues. Qu´a fait InterZaide ? InterZaide a demandé au Conseil de Direction du 30 Octobre de pouvoir rencontrer Richard Collins. L´UNEF a rencontré Richard Collins le 5 Octobre, lancé une campagne dès la rentrée, et réfléchit, au-delà de la revendication claire du droit à une deuxième langue et de la facilitation de l´accès à une troisième, à une refonte totale de la pédagogie des langues. Beaucoup d´étudiants, y compris non-syndiqués, ont participé à nos commissions sur le sujet.
    Cette campagne n´est un exemple parmi d´autres de notre proximité avec les préoccupations réelles des étudiants de Sciences Po. La bourse aux livres, l´obtention prochaine d´une sortie diplômante à bac+3, l´opposition continue à une réforme des droits de scolarité, soutenue par InterZaide, qui a pour effet de faire payer 5000€ d´office à tous les étudiants non issus de l´Union Europénne, mais aussi les actions concrètes que nous menons pour défendre nos principes (l´année dernière, ce sont 166 étudiants qui ont été exonérés, au moins partiellement, de droits de scolarité, grâce à l´UNEF), démontrent que nous sommes, au contraire, au plus près des préoccupations des étudiants, y compris lorsque cela nécessite un travail long, pénible, et ingrat.

    3) Le fait que l´UNEF soit une organisation nationale est une chance. Outre le fait qu´on n´ait pas à rougir d´appartenir à l´organisation qui, au cours de sa longue histoire a créé par exemple la sécurité sociale étudiante ou les CROUS qui gèrent Cités U et Restos U, nous tenons à affirmer avec force notre refus de tout corporatisme. Nous ne nous considérons pas comme des élèves destinés à devenir l´élite de la nation, mais avant tout comme des étudiants. Parce que notre horizon ne s´arrête pas au bord de notre assiette, nous affirmons sans cesse, en paroles comme en actes, notre solidarité avec l´ensemble de la jeunesse, dans laquelle nous voulons prendre toute notre place. C´est dans cet esprit que nous allons aussi militer dans les autres établissements de région parisienne, que nous nous intéressons aux questions de LMD, de cadre national des diplômes, de réforme des universités… ces questions qui touchent tous les étudiants sont aussi les nôtres.
    Et même pour les étudiants de Sciences Po, le fait que l´UNEF existe partout en France est un atout. Qui a habilité le diplôme de Sciences Po au grade de master ? Le Conseil National de l´Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER), où l´UNEF est majoritaire. Qui verse les bourses nationales ? Le CROUS de Paris, où l´UNEF est majoritaire. Qui a obtenu la carte Imagine´R, offrant 50% de réductions sur les transports en communs pour tous les étudiants franciliens ? L´UNEF de région parisienne.
    Mais appartenir à une organisation nationale ne veut pas dire en être prisonnier, comme les membres de FacVerte le savent sans doute. Le principe d´autonomie est fortement ancré à l´UNEF, et nous menons nos propres campagnes locales, mais participons également à la définition des campagnes nationales que nous pouvons ensuite choisir de mener ou non. L´UNEF Sciences Po a même parfois pris des positions en désaccord avec celles définies démocratiquement par l´organisation nationale : c´est aussi cela, être indépendant et démocratique.

    4) Je regrette et me réjouis à la fois que le débat syndical à Sciences Po soit toujours axé quasiment exclusivement autour de l´UNEF. Je m´en réjouis, car cela veut dire que l´UNEF structure ce débat, que les autres organisations sont souvent dans une position de réaction et non d´action : c´est un signe de la vitalité de l´UNEF Sciences Po. Je le regrette, car cela conduit parfois certaines organisations à faire exclusivement de la "publicité négative", à refuser d´avancer sur leurs propres propositions, à refuser de mettre en valeur leurs propres actions et leurs propres réflexions, pour se borner à critiquer l´UNEF en des termes parfois indignes du débat démocratique. J´espère que cela pourra évoluer à l´avenir.

    Sur ce, je m´excuse de ce commentaire un peu long, mais quand on donne autant à la communauté sans rien attendre en retour que le font les dizaines et dizaines de militants de l´UNEF Sciences Po, on a parfois du mal à accepter de se laisser accuser à tort et à travers.
    J´ai bien noté que le programme syndical d´InterZaide est en cours d´élaboration, et j´espère pouvoir y réagir bientôt. Qui sait, peut-être nous trouverons-nous même quelques points communs ?

    Cordialement,
    Gwenolé Buck,
    Président de l´UNEF Sciences Po

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.