Vie du campus

Guide 3A: Afrique et Moyen-Orient

ouagadougou Le moment fatidique se rapproche, celui où tu mettras six noms sur une liste qui nourrit ton imagination bridée par les exposés en deux parties deux sous-parties. Sûrement t’es tu demandé quelle ville américaine te conviendrait le mieux. L’hypothèse chinoise ou sud-américaine t’a éventuellement séduite pour vivre l’émergence de nouvelles puissances. Peut-être même l’Afrique et le Moyen-Orient t’ont effleuré l’esprit. Mais là tu t’es dit « Jamais » ! Universités au rabais, épidémies et masses faméliques pavent l’imaginaire collectif. Il est grand temps de décoller quelques pavés…

Les langues

dakarQuoiqu’il est dit, nombre d’étudiants de Sciences Po profitent de la troisième année afin d’assouplir un accent un peu trop français. L’anglais, comme langue véhiculaire d’une société globale, joue un rôle décisif dans les choix de tout un chacun. Auquel cas l’Afrique comme le Moyen-Orient proposent des pays particulièrement intéressants, avec une proportion conséquente d’anglophones dans la population totale (Afrique du Sud, Israël, Emirats Arabes Unis,…) ou des universités dispensant des cours en Anglais (Université Qualamoun de Syrie, King Saud University en Arabie Saoudite, ISM de Dakar, Al Quads University en territoire palestinien), voire des universités américaines (American University of Beirut, Cairo, Kuwait,…).

Outre l’anglais, les universités d’Afrique et du Moyen-Orient ne te proposent pas que des langues rares dont la pratique enrichira ton CV (Arabe, Swahili, Hebreu): elles disposent pour la plupart aussi d’un département où les langues européennes sont enseignées. Quant au niveau d’anglais requis pour intégrer les universités anglophones, il va pour l’IELTS de 5. (American University of Kuwait) à 7 (University of Capetown) lorsqu’un test est requis. Si la majeure partie d’entre elles prennent indifféremment TOEFL et IELTS, faites attention aux exceptions (Al Akhawayn University of Ifrane pour exemple).

L’Occident n’est pas le seul horizon

stellenbosch États-Unis , Grande Bretagne, Australie… Les mêmes noms reviennent sur les listes d’affectations. Et pour cause, les universités des pays occidentaux sont les mieux notés dans les baromètres internationaux, mais aussi les plus connus des élèves tout aussi occidentaux… Poses-toi la question si tu ne recherches qu’une ligne de CV dans la troisième année, ou un enrichissement culturel pour ta carrière et vie à venir. Certaines problématiques essentielles, et chéries des sciences-pistes, ne se retrouvent certes pas qu’en Afrique/Moyen-Orient mais caractérisent cet espace. Les questions multi-ethniques, les conflits religieux, la consolidation des droits de l’Homme, etc, nécessitent une expérience concrète qu’un séjour dans cet espace peut apporter.

tel avivPour exemple les questions autour de la gestion de l’eau et de l’énergie sont la spécialité de l’Institut International de l’Eau et de l’Environnement de Ouagadougou. Non seulement vous bénéficiez d’un programme franco-anglais, mais des stages de terrain avec ONG ou missions locales sont aussi envisageables dans le cadre de l’échange. De même, les universités du Proche et Moyen Orient vous offrent une véritable plongée dans les enjeux internationaux les plus cruciaux. L’université de Tel-Aviv dispense ainsi de nombreux cours sur la politique israélienne, le conflit israélo-palestinien et ses répercutions au Moyen Orient dont tu pourras mesurer toute la densité au cours de ton séjour. Les exemples foisonnent, et ne te guindent pas dans ton projet: l’Occident n’est pas le seul horizon.

Conditions de vie

le caireÀ la lecture des nombreux rapports de séjour en Afrique et au Moyen Orient il ressort que, incroyable mais vrai, la zone n’est pas à feu et à sang ! Oui, on peut vivre en Afrique et au Moyen-Orient (parfois même relativement bien avec des taux de change en PPA relativement avantageux). Et pour cause, Sciences Po exige des conditions de sécurité optimales pour ses étudiants; il en va de sa réputation. Les universités dans des zones dangereuses sont sécurisées au possible, et le personnel sur place vous guide au mieux: l’université de Witwatersrand ne vous laissera pas à votre sort dans Johannesburg. Cela implique aussi que toute montée significative d’insécurité, mais cela concerne universités du monde entier, peut bloquer un projet dans la zone concernée. Gardez aussi à l’esprit que l’insécurité est le lot commun de tout espace urbain: les villes de Dakar, Yaoundé, Rabat, Sharjah, Stellenbosch, Ryad et autres s’avèrent bien plus sûres que Rio de Janeiro, le Nouvelle Orléans, ou Bombay. Pour la nourriture et les maladies, la situation varie énormément entre les pays.

Finalement, interroges ceux qui ont vécu une 3A en Afrique ou au Moyen-Orient, ainsi que toi-même avant d’en écarter la possibilité. Pour plus de renseignements, les rapports et les DAIE concernés te préciseront ce qui pourrait s’avérer un incroyable projet. D’autant plus que de nouveaux partenariats pourraient éventuellement voir le jour cette année, notamment avec l’Afrique du Sud ou le Ghana. Dans tous les cas, LaPéniche est avec toi !

Photographies (cliquer pour agrandir): Ouagadougou, Dakar, Stellenbosch University, Tel Aviv, Le Caire

8 Comments

  • Edward Said

    C’est Al Quds, pas Al Quads, et c’est à Jérusalem (comme son nom l’indique). Pareil, on écrit pas Qualamoun, mais Kalamoon ou Qalamoon à la limite.

    Et pour apprendre l’arabe, les Emirats, c’est vraiment un choix douteux. La Syrie est clairement la meilleure destination.

  • Ah?

    Vous avez fait un article sur l’Inde, un autre sur l’Australie + la Nouvelle Zélande. Ok, ça couvre des zones immenses, mais de là à faire un article « Afrique + Moyen Orient »…
    Comme s’il n’y avait pas de différence entre le Maroc, l’Afrique du Sud, le Sénégal, Israël, le Ghana et le Burkina Faso!
    « L’Occident n’est pas le seul horizon »… mais est le seul à mériter des articles détaillés selon les pays?

  • Youyou

    Sinon, on peut aussi apprendre l’arabe sérieusement au Caire et en Syrie, maîtriser la langue reste le seul moyen de comprendre le pays dans lequel on est (non, on ne s’en sort pas partout avec l’anglais)…
    Sans parler de découvrir une autre culture, car les Etats-Unis ça reste l’Occident, c’est pas la même claque culturelle 🙂

    PS : impératif à la deuxième personne du singulier, verbes du 1er groupe –> pas de S

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