• Cinéma

    Shame de Steve MacQueen

    Brandon, trentenaire aisé, erre dans un New York embué. Bars, rues, métro, tous semblent inhabités tant la présence d’autrui l’indiffère ; son attention ne capture que des détails. Le joli cul de sa voisine. Les longues jambes que dévoile une minijupe. Il n’est pas entouré de gens, seulement de sexe, de nymphes interchangeables derrière lesquelles il court. De son job et de ses collègues, nous ne saurons rien ou presque. Il y porte le masque invisible du mec bien, sans histoires, et même lorsque son addiction profonde au sexe sous toutes ses formes semble découverte, on préfère lui trouver des excuses :…

  • Littérature

    Un coup de maître : L’art français de la guerre

    Après la fougue de Marien Defalvard, L’art français de la guerre, d’Alexis Jenni, est le second premier roman de la rentrée littéraire auquel La Péniche consacre un compte-rendu. Un premier roman remarqué, toutefois, puisque qu’il vient de recevoir depuis les tables du Drouant la consécration que de nombreux chefs-d’œuvre n’ont pas connu, à savoir le Prix Goncourt. L’art français de la guerre, avec son énigmatique titre-référence à l’ouvrage philosophico-tactique de Sun Tzu, attise donc les curiosités. Il est rare en effet qu’un professeur de biologie de 48 ans, qui se déclare « écrivain du dimanche », décroche à sa première tentative…

  • Cinéma

    Le chemin de croix du lonesome driver

    Cannes 2011 : une sélection éclectique qui aligne les grands noms. Que l’on soit subjugué par sa beauté ou non, l’ampleur du film de Terrence Malick surprend le public et le jury du festival : la palme ne fait aucun doute. Les pronostics vont alors bon train pour la mise en scène. Tout le monde se trompe : Moretti et Almodovar repartiront bredouille. Nicolas Winding Refn non : prix de la mise en scène. Cannes est un festival majeur, comme aiment à le rappeler le combo des critiques Inrocks-Canal qui se la collent tous les ans à la même époque, et le prix que…

  • Littérature

    Légende noire et Bohème : John Fante, enfant infernal des Etats-Unis.

    Vous êtes dans une bibliothèque à la recherche d’un bon livre, de quoi vous distraire durant vos longues soirées car votre box internet vous a lâché. Après avoir feuilleté quelques grands classiques, rien ne vous emballe vraiment. Alors vous discutez avec le bibliothécaire : crâne rasé, teint cireux, la voie rauque d’ancien fumeur émergeant d’une dentition lacérée. Limite junkie façon Trainspotting. Clairement son truc c’est la littérature américaine ; la beat génération, Burroughs, Ginsberg, Bukowski, tout ça il connait par cœur. Mais lorsqu’il vous conseille John Fante, ce coup-ci le doute n’est plus permis. Vous êtes en face de l’escroc première génération,…