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Le triumvirat Hugo Schleicher (potentiel Président), Mounia Aït Allek (Vice-Présidente) et Félix de Monts (responsable du pôle intégration), que nous avons rencontré dans le jardin sont à l'image de leur liste : ils présentent bien mais ont du mal à fournir des réponses claires. SGSH mène sa première campagne BDE et ça se sent : elle peine à faire passer son message tant sur le fond que sur la forme.

Toutes les élections voient s’affronter une liste jugée responsable du bilan du BDE sortant à une liste promouvant le changement, tradition « idéologique Â» portée cette année par SGSH. Le challenger pousse le matraquage de ce thème aux confins d’un autisme aveugle, tapant avec véhémence sur le BDE actuel qualifié de « bande de pote Â» ou « gratin hype Â» quand on sait que celui-ci est composé de la synthèse de deux listes (qui se tapaient dessus l’année dernière aussi fort que nos joyeux drilles aujourd’hui) et jouit d’une relative popularité. Le maillet vengeur de cette BeverlyListe (ou New Port Liste) a tout de même plusieurs cibles : les concurrents, c’est naturel, mais également et de façon frénétique la Commission Electorale du BDE. Hugo S. ouvre d’ailleurs l’interview en regrettant que celle-ci ne se soit réunie qu’à la dernière minute pour statuer de la faisabilité des événements. Encore un complot de Playliste, moi j'dis.

S’ils craignaient pour leurs événements, c’est que les membres de SGSH ont vu les choses en grand et sont entrés dans cette campagne avec la chance et la témérité des débutants : en supplément du traditionnel stand de campagne (qui ne déroge pas à la formule gagnante « free-food/jeux-vidéos/filles-accortes ») ils sont parvenus à introduire de l’insolite par l’organisation, rue St Guillaume s’il vous plait, d’un banquet sauvage avec la complicité des appariteurs et sous le saint patronage de M. Richard Descoings en personne. Le reste du programme événementiel démontre que la liste a fait le choix d’une visibilité permanente et envahissante : soirée au Basile, concours de bras de fer, lancer de tarte et concert de rock ; dans le désordre. Le « changement Â» porté par la liste trouve une réalisation concrète en ce que leur soirée de campagne est organisée, contrairement aux deux autres, dans un lieu encore inusité par la communauté fêtarde science piste.

Si SGSH a de la chance et du culot dans l’événementiel, elle souffre en revanche de problèmes de fond. Le programme qu’elle défend manque de pragmatisme et développe des lieux communs fédérateurs mais abstraits : une « représentativité des membres de la liste », sans bien sûr le justifier ; un « BDE ouvert (…) un local chaleureux et accueillant », O RLY ? ; « rendre plus visible la vitalité de notre vie associative », juste pour l’allitération.

Deux axes semblent néanmoins avoir été décidés et réfléchis plus de 10 minutes avant l’interview : les soirées et l’intégration des étudiants internationaux. SGSH a effectivement établi une typologie de soirées pour le moins complète : 4 grosses soirées Sciences Po, 2 soirées d’ouverture en partenariat avec d’autres écoles parisiennes et une soirée « des assos » où chacune tiendrait son stand (le Barathon du siècle, quand on sait que 60 associations sont reconnues chaque année). Dans le domaine de l’intégration la liste souhaite coordonner les différentes initiatives existantes tel le Buddy Program, les tandems TransAtlantique et les assistants internationaux.

En concurrent crédible SGSH a sorti le gros calibre sur le thème-phare de ces élections, la coopération inter-promotion, en défendant un système de parrainage 1A-2A dans le but de mieux intégrer les premiers. Attendez... jusqu'à là ça s'appelait l'Amitié, non?
Enfin, lors de l’entretien le triumvirat évoque leur volonté d’organiser un Gala 3A en fin de premier cycle (ce qui suscite notre curiosité) avant de se nuancer eux même « l'administration appuie également l'idée qui sera de toute manière réalisée ».

Militant pour le changement sans trop savoir comment le réaliser, Saint-Guillaume Sweet-Home mène sa campagne dans une forme de psychose-R.E.G.L.E.S. : se percevant comme victime des décisions arbitraires de l’administration et hurlant au complot à la moindre occasion. L’enthousiasme naïf avec lequel elle s’est lancée dans la campagne (autant internet que physique) est à la base d’une image de candeur infantile, que les concurrents ont vite fait de qualifier de « bisounours ». Toutefois les sourires de façade – et même ceux sincères – n’empêcheront pas de questionner une certaine vacuité du programme, notamment sur des points aussi essentiels que le Gala dont il n’a tout simplement pas été fait mention au cours de notre entretien.