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Interviewer la PlayListe ne s’est pas révélé chose aisée et pour cause, c’est depuis plus de 9600 km, Hong Kong, que Marie-Victoire Comet la tête de liste gère son équipe et sa campagne. Pour ne pas nous faciliter la tâche, la connexion skype entre la France et la Chine a eu cette fâcheuse tendance à couper à l’évocation de concepts tels « Ã©lections libres », « votes Â» et « démocratie ».



La PlayListe c’est un peu LA liste bien intégrée dans le PAS (comprenez Paysage Associatif Sciencespiste) car ses membres, des 3A et des 1A, ont presque tous comme dénominateur commun d’avoir fréquenté les bancs du BDE à un moment ou à un autre cette année ou l’année dernière. Marie-Victoire ne joue d’ailleurs pas les dupes à ce sujet, préférant toutefois substituer les notions d’« expérience et (de) réalisme Â» à celle de « reproduction sociale ». Cela dit on l’aurait difficilement vue choisir une autre ligne de défense. Ce poids de l’expérience, cible principale des critiques à l’encontre de la Playliste, elle l’assume pleinement : « les autres listes pensent promouvoir le changement (…) notre expérience nous donne le sens des réalités ». La répartition des postes en cas d’élection ferait d’ailleurs la part belle aux futurs 4A auxquels seraient confiés la quasi totalité des postes à responsabilité (exception faite des pôles soirées et week-ends) ainsi qu’un « assistant Â» (sic) 1A.

La PlayListe mène une campagne d’initiés mêlant « Ã©vénements classiques », des petits-dejs, des goûters, des apéros, et événements atypiques, une tombola, une kermesse, une compétition de sport et des concours sur internet. Le premier de ces concours, dit Playtaphoto, a sacré la victoire d’un certain Léo B. dont l’approche néo-abstraite de la virilité (son image comprenait le texte « b.i.t.e Â» en rouge sur fond blanc) a remporté l’adhésion des internautes.



Le programme de la Playliste est centré sur 4 « points Â» parmi lesquels on trouve des propositions intéressantes et innovantes, comme la volonté d’organiser un 4e Week-End dit de « Désintégration » dans une région viticole française, et des lieux communs atterrants comme « Ã©largir l’éventail des événements » et leur fréquence. On se serait étonné qu’ils militent pour en organiser moins. On retrouve également le thème phare de cette campagne, la coopération inter-promotion, qui estampillée PlayListe donne la création d’un nouveau fichier logement dans lequel les 2A sur le départ laisseraient leur appartement à des 1A et le récupèreraient en revenant ; une coopération déjà très largement réalisée de facto.



Redynamiser le site internet du BDE, c’est l’une des propositions de la PlayListe par la mise en place d’une rubrique - dont on se demande si le titre prête volontairement à sourire ou s'ils s'imaginent que ça fait class' : le « Paris Descoings/Paris Malin » qui éclairerait les étudiants sur les bons plans et les bonnes adresses de la capitale (également disponible en version papier, voir « La Coolitude pour les Nuls Â» publié chez Broché) et offrirait une visibilité supplémentaire à de petites assos de Sciences Po.

Autrement les Playlistiers entendent faire « du local un endroit chaleureux et accueillant, où on pourrait se poser, comme en cafet’, avec du café en permanence, un baby-foot et des BDs ». Une liste magicienne donc, qui souhaite prodiguer à son local les mêmes vertus qu’une certaine tente dans un des volets de la saga Harry Potter : vous ne voyez que 10m2 ? Et bien pourtant 5000 étudiants pourront s’y poser tous les midis.

La PlayListe souffre peut-être d’une ambiguïté de forme. Car si elle milite en faveur – intention louable – d’une plus grande participation et donc d'une promixité renforcée des étudiants vis à vis du BDE (des sondages fréquents et l'organisation d'un vote pour le choix de destination du WER), la liste de Marie-Victoire semble avoir joué, dans cette campagne tout du moins, la carte du « destroy » : des clips vidéo chargés de Guest-Stars et de gros-son-électro, une identité visuelle quelque peu agressive… Le nom du week end supplémentaire qu’elle souhaite organiser, le WED (ou dit-on la « weed Â» ?) pour « Week-End de Désintégration », porte en soi une référence trash explicite. Mais ne nous leurrons pas, qui oserait dire que le WEI est soft ? La surenchère sur ce thème pourrait alors trouver un large public. A suivre donc.


Propos recueillis par Hélène Albugues et Clément Caillol