Interzaide, depuis sa création il y a 8 ans, est le seul syndicat de Sciences Po n’obéissant à aucun bureau national ni à aucun parti politique, attirant ainsi les étudiants du 27 qui, las de la bipolarisation du traditionnel débat syndical opposant la gauche à la droite et ne se reconnaissant dans aucun de ces courants, ne savent pour qui voter. Les valeurs du syndicat? « Négociation et dialogue ».

Interzaide, c’est aussi un syndicat vert, l’ «éco-responsabilité » étant l’un des points principaux de leur profession de foi. Interzaide souhaite introduire des cours optionnels traitant des enjeux écologiques et des politiques de l’environnement, qui seraient accessibles aux étudiants de tous les programmes et de tous les niveaux de l’I.E.P. Le but ? « Favoriser une prise de conscience parmi les étudiants et leur fournir une information détaillée sur ces sujets cruciaux.» Si la proposition du MET d’installer des panneaux solaires parait alléchante, la priorité reste selon Interzaide l’efficacité douteuse du chauffage à Sciences Po’, « qui est la source principale de dépense énergétique et qui est aujourd’hui clairement déficient. Moins glamour peut-être, mais assurément plus efficace. » L’engagement écologique du syndicat s’est illustré dans l’obtention de l’engagement de M. Descoings à rénover les bâtiments du campus de Reims aux normes HQE. Interzaide avait d’autre part soutenu les responsables d’Ecocampus lors de sa transformation en association permanente.

Autre point pour lequel le syndicat s’investit : la création d’un corps permanent de maitres de conférence en histoire, droit et économie -le trio de matières fondamentales du 27- afin d’apporter « qualité et stabilité à l’enseignement dispensé à Sciences Po » et de favoriser un suivi plus particulier des étudiants par leur professeurs. Leur programme pédagogique s’intéresse d’autre part à la politique des langues à Sciences Po, qui fait de nombreux frustrés et beaucoup de déçus. Interzaide souhaite que « chaque étudiant bénéficie à nouveau de quatre heures d’enseignement présentiel par langue, et que le e-learning reste un complément à l’enseignement. » Selon le syndicat, il faudrait également multiplier les « cours de tronc commun et les cours électifs dispensés en une langue autre que le français ». Interzaide propose aussi, comme tous les autres syndicats, du changement du coté des inscriptions pédagogiques : ouvrir une période de préinscription aux conférences, durant laquelle les étudiant pourraient hiérarchiser leurs priorités aux vues des taux de demande, qui seraient visibles pour les différents cours. Les places en conférences seraient ensuite accordées de manière aléatoire.

Interzaide souhaite multiplier les aides financières offertes aux étudiants, en créant des fonds d’urgence et des prêts d’honneur. Les premiers seraient notamment « destinés aux étudiants qui perçoivent leur bourse très tardivement », par exemple du fait de lenteurs administratives de la part du CROUS. Les prêts d’honneurs, quant à eux, seraient plutôt destinés à ces étudiants pour qui les chances d’obtention d’une bourse s’avèrent réduites, notamment les étudiants internationaux ne résidant pas dans un pays de l’Union Européenne. Interzaide souhaite par ailleurs « réformer le système actuel des bourses Boutmy, avec une augmentation de ses montants, un allègement de ses critères et une annualisation de son attribution », pour citer leur profession de foi 2010. « L’enjeu principal” pour le syndicat est de rétablir le système d’attribution qui a existé jusqu’aux changements faits sans consultation des syndicats par la direction au printemps 2009. « Dans le passé, les étudiants pouvaient obtenir en première année une bourse Boutmy couvrant 100 % des droits de scolarité plus des frais de vie à hauteur de 6000 euros. Désormais, ils ne peuvent obtenir qu’une bourse de 75 % des droits de scolarité. La bourse de 100 % auxquels s’ajoutent les frais de vie est attribuable seulement à partir de la 2e année. Ainsi, avec le nouveau système, un étudiant en dehors de l’UE doit disposer d’au moins 8000 euros(2000 euros pour les droits de scolarité et 6000 euros pour les frais de vie) pour entrer en 1ère année à Sciences Po, ce qui va clairement à l’encontre de la mixité sociale, pourtant tellement prônée par la direction dans les médias. Curieusement et malheureusement, quand nous avons interpellé, à plusieurs reprises, la direction dans les conseils pour demander un changement, aucun autre syndicat ne nous a soutenu… »

Pour tenter d’améliorer la situation financière des étudiants, Interzaide propose de favoriser l’emploi des étudiants sur le campus : « De nouveaux postes peuvent être facilement créés grâce au prolongement de l’ouverture de la bibliothèque, aux vacations proposés dans le cadre des permanences linguistiques ou des projets de recherche. De surcroît, il y a des possibilités de vacations lors des événements ponctuels qui se déroulent à Sciences Po. »

Enfin, Interzaide souhaite renforcer la visibilité de Sciences Po à l’international, et ce en insistant sur la promotion des campus délocalisés dans les régions concernées. « Nous pensons qu’ aujourd'hui, ces campus ne bénéficient que d'une visibilité marginale dans les espaces en question. La promotion cible le plus souvent les lycées français à l’étranger uniquement et les lycéens français ont peu d'information à leur égard. Il faut donc renforcer la visibilité des campus délocalisés existants. Pour ce faire, nous pensons que des campagnes d'information importantes au niveau de l'enseignement secondaire dans les différentes zones géographiques auxquelles se spécialisent les campus délocalisés sont nécessaires. »

Les élections de mardi 9 et mercredi 10 février verront-elles le maintient du syndicat «international, indépendant, écologiste» à son rang de seconde force syndicale de Sciences Po?