Le Met s’avère en un premier temps sensible aux préoccupations des étudiants. Ayant remarqué le problème quand il en vient de l’accès à la bibliothèque, ils proposent plusieurs plans-solution, utilisables à long terme, dont la numérisation de toutes les ressources de la bibliothèque, une augmentation du nombre de salles de travail, mais une facilitation de l’accès à la bibliothèque elle-même, en augmentant les heures d’ouverture (jusqu’à minuit, tous les jours), comme dans la plupart des campus américains. Eux-mêmes non certains de l’efficacité de cette dernière mesure (à partir de 20h30, il ne reste en général plus qu’une cinquantaine de personnes en bibliothèque) , souhaiteraient commencer par un essai en période de partiels.

Deuxième grand problème des étudiants : la situation concernant les réformes des langues. Pour le Met, l’étude d’une LV2 est également une option qu’il est nécessaire de proposer. Or, dans le cadre du programme proposé, cela passe par une diversification des LV3 optionnels, qui deviennent alors des LV2, donc de l’ajout à l’enseignement de nouvelles langues, accessibles de la même manière que les langues stratégiques.

De plus, à travers le projet du Bureau des Etudiants internationaux, c’est l’ensemble des étudiants que le Met dit vouloir défendre. Le bureau serait donc une aide aux étudiants internationaux, non seulement quant à l’intégration de ces nouveaux, mais aussi a pour but de couvrir l’ensemble des problèmes, chose qui n’est, selon certains membres, pas dans les compétences du Bureau des Elèves de Sciences Po. Le BDE défend l’intégration totale des étudiants internationaux comme une de leurs missions à l’occasion de ces élections syndicales. Se poser la question des relations futures possibles entre le syndicat et la corporation se révèle amusant... ou tout le contraire, selon les points de vue.

Conscient non seulement de certains enjeux possibles à Sciences Po, le Met s’intéresse également aux questions actuelles, le syndicat présente fièrement ses ambitions écologiques, selon eux, un point fondamental de leur programme. Cela passe avec le respect d’un agenda 21, qui établirait des objectifs à atteindre concernant les émissions de gaz à effet de serre de l’établissement, en utilisant des objets issus de matières recyclés et ampoules à basse consommation. L’ambition majeure reste l’installation de panneaux solaires. Une question se pose alors : comment financer tout ça ?

Pour cela, le Met espère convaincre la Fondation de «libéraliser le système» quant aux investissements des entreprises privées, afin de permettre aux services aux élèves de se développer plus facilement. Ce même Met se revendique un financement grâce aux 19 associations ayant approuvé le programme proposé, et non plus par l’UMP, comme c’était le cas de l’Uni. Le bilan de financement n’est pas encore publié, mais les candidats expliquent cela par le fait que le Met décide de devenir un syndicat qui se consacre entièrement aux étudiants de Sciences Po.

Cependant, les valeurs de Nouvelle Donne et de l’Uni se retrouvent toujours dans les idées et programme du Mouvement étudiant. En effet, toujours craignant la «baccalauréalisation» du concours d’entrée, dont ils accusent l’Unef d’être partisans, ils se montrent dans le cadre de la campagne sensible à une question d’ «égalité des chances», en projetant l’établissement d’une prépa publique en ligne dont le prix variera en fonction du revenu des parents du candidat. La question de l’égalité et des frais d’inscription restent le dernier point faible dans le programme de ce syndicat, dont les membres au Conseil de direction avait précédemment voté pour une augmentation des frais d’inscription de 54 %, oui.

Le Mouvement des étudiants se défend comme étant novateur, avec des ambitions qui invitent les élèves à rêver : il présente en programme le projet d’un établissement se rapprochant par son système pédagogique (à travers la multiplication des stages) d’une école de commerce, et par ses ressources d’une grande université américaine. Cependant, pourra-t-il s’affirmer comme à l’écoute et à la défense des étudiants, rôle premier d’un syndicat ? S’étant donné le simple minimum de 2 heures de présence en Péniche par jour, on ne peut qu’espérer en réalité qu’il ont bien plus d’ambitions qu’ils l’ont indiqué dans dans ce domaine. Une formation nouvelle qui a tout de même ses preuves à faire...