C’est pourtant le choix de Guillaume, étudiant à l’IEP de Rennes, qui a gracieusement accepté de répondre à nos questions pour nous expliquer son parcours et ses motivations.

Guillaume était lycéen en ES à Rennes et a suivi durant sa terminale la préparation à distance avec le CNED pour les épreuves du tout jeune Hexaconcours, pleinement conscient qu’il pouvait éventuellement se retrouver l’année suivante aux quatre coins de la France. Mention Très Bien au Bac, il est accepté à Sciences Po pour apprendre quelques jours après qu’il est également reçu à Rennes sur concours.

Situation finalement assez commune pour bon nombres d’entre nous ayant passé à la fois le concours des IEP et ayant présenté leurs dossiers avec succès. Mais c’est justement là que le parcours de Guillaume devient atypique et qu’il quitte les sentiers battus ou autres chemins tout tracés.

Il nous explique les raisons de son choix en insistant d’abord sur les qualités académiques de l’IEP de Rennes : le réseau inter-IEP propose de plus en plus de partenariats et échanges intéressants, le centre de recherche et la prep’ENA de Rennes sont également de qualité et offrent aux étudiants des perspectives qui n’existaient pas il y a encore 5 ans. Guillaume met aussi en avant « un parcours unique Â» qui pourra l’emmener une année à l’étranger mais également dans un autre IEP en 5ème année. Mais c’est surtout l’aspect « familial et solidaire Â» de l’institut qui semble avoir décidé Guillaume, « alors que Paris c'est 9000 étudiants et la crainte d'une compétition accrue entre les élèves ». Sciences Po et les IEP : orgueil et préjugés.sciences-po-paris-locaux.jpg

On constate un certain scepticisme sur les qualités réelles de Sciences Po et de son diplôme : «Je pense que le prestige de Sciences Po Paris est une illusion. Nous sommes aussi bien formés en province et le diplôme a la même valeur ». On pourra toujours dire que ce n’est qu’un énième relent anti-parisien mais, mettons nos orgueils au placard, quand ce genre de réflexion vient d’une personne qui pouvait se retrouver rue St Guillaume, on se doit d’y accorder une autre valeur.

Si Sciences Po propose un diplôme dont la qualité n’est plus à démontrer, et les derniers classements nous le confirment, « Les IEP de province tendent à devenir une alternative crédible. Le concours commun n'existe que depuis 2 ans ! ». Force est de constater que les IEP sont dans une dynamique largement positive et qu’ils permettent d’accéder à un enseignement de qualité dans des villes de province dont Guillaume nous vante les mérites. Le « côté fêtard et convivial Â» de Rennes et de sa rue de la soif ont pesé lourd dans son choix : une ville plus petite et finalement peut être plus facile d’accès. « Alors même si la vie à Paris ca peut faire rêver, il faut nuancer un peu cela. Le 14m² à 500€/mois etc...La vie semblait plus difficile Â» : la qualité et le coût de vie de Rennes ont été déterminants dans le choix de Guillaume qui après presque 2 mois de cours « ne regrette absolument rien ».






Choix audacieux et complètement assumé, en opposition complète avec les canons de l’enseignement supérieur français, la décision de Guillaume amène à adopter un regard nouveau sur les IEP, peut être moins ébloui par les lumières de St Germain.

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Illustrations: lewebpedagogique et sciencespo-rennes