Certes, cette « votation citoyenne » n’aura aucune valeur légale. Il s’agit simplement pour les citoyens de faire entendre leur attachement à un service public postal de proximité. En effet, les lois organiques relatives à l’organisation d’un référendum d’initiative minoritaire, tel qu’il figure dans la réforme constitutionnelle d’août 2008, ne sont toujours pas entrées en application. Il s’agit dès lors d’instaurer un rapport de force, alors que le Parlement ne s’est pas encore prononcé sur le changement de statut de La Poste. Car si l’ouverture du service postal à la concurrence relève de la législation européenne, seul l’Etat peut décider d’un tel changement de statut.
D’entreprise publique, La Poste deviendrait une société anonyme. Pour le comité contre la privatisation, il ne s’agit pas que d’une question de forme, mais de « la première étape d’une privatisation programmée de La Poste ». Si le Président de la République affirme ne pas avoir l’intention d’ouvrir le capital de l’entreprise, les opposants citent les précédents de France Telecom ou EDF pour justifier leur inquiétude : après leur changement de statut, ces entreprises avaient accueilli des capitaux extérieurs, entraînant « réduction de la qualité du service, suppressions massives d’emplois, augmentations tarifaires, priorité à la satisfaction des actionnaires ».
Ce point de vue est-il partagé à Sciences Po ? Nous le saurons lors du dépouillement, qui aura lieu à l’issue de la votation. Le résultat sera transmis au comité national contre la privatisation, voir : www.appelpourlaposte.fr
Un collectif d’associations et syndicats de Sciences Po organise une votation citoyenne sur le changement de statut de La Poste, demain de 10h à 17h. Le bureau de vote se tiendra au local syndical, au 3e étage du 56 rue des Saints-Pères.
Commentaires
LOL ...
PierreOn voit très bien qu'une votation citoyenne organisée par ATTAC, l'UEC, l'UNEF et Sud, pilotée par le Comité contre la privatisation, est bien entendu complètement neutre et donc le résultat sera tout à fait sincère et représentatif de l'avis des étudiants de Sciences Po.
Et d'entendre dès le lendemain que "les étudiants de Sciences Po sont contre la privatisation de la Poste".
Ah, qu'elle est belle la démocratie étudiante...
La loi prévoit que le capital de la société anonyme sera "détenu par l'Etat ou d'autres personnes morales appartenant au secteur public, à l'exception de la part du capital pouvant être détenue au titre de l'actionnariat des personnels", qui ne peut être que minoritaire. La Poste reste ainsi un groupe public qui remplit des missions d'intérêt général.
rectificationSauf qu'il n'y a aucune raison d'ouvrir le capital d'une entreprise publique si ce n'est pour la privatiser.
rien du toutEt que la loi que tu cites ne peut être qu'un projet puisqu'elle n'a pas encore été discutée au Parlement.
Oui, bien entendu, la mesure est pleine de bon sens et ne va surtout pas dans le sens d'une privatisation.
On y croit tous. C'est bel et bien une privatisation qui se prépare, comme Bruxelles l'a demandé depuis 2006d'ailleurs. Elle sera partielle dans un premier temps, mais on n'est pas des quiches, on voit bien ce qui se fera à terme. Au revoir "groupe public" et "intérêt général" en somme. Donc peut être que certains en 2009 ne veulent pas se l'avouer ou berner la moitié des français, mais OUI, la privatisation est en marche (et au moins la Commission Européenne le disait explicitement).
Marcanthonycher pierre, qui a parlé de démocratie étudiante ? il s'agit d'une consultation nationale qui n'a rien avoir avec les enjeux internes à sciences po.
réponse à pierretout le monde sait que la majorité des sciences-pistes se fout du sort de la poste.
il s'agissait juste pour ceux qui y sont attachés de joindre leurs voix à celles qui s'élèvent dans tout le pays.