Certes, cette « votation citoyenne » n’aura aucune valeur légale. Il s’agit simplement pour les citoyens de faire entendre leur attachement à un service public postal de proximité. En effet, les lois organiques relatives à l’organisation d’un référendum d’initiative minoritaire, tel qu’il figure dans la réforme constitutionnelle d’août 2008, ne sont toujours pas entrées en application. Il s’agit dès lors d’instaurer un rapport de force, alors que le Parlement ne s’est pas encore prononcé sur le changement de statut de La Poste. Car si l’ouverture du service postal à la concurrence relève de la législation européenne, seul l’Etat peut décider d’un tel changement de statut.

D’entreprise publique, La Poste deviendrait une société anonyme. Pour le comité contre la privatisation, il ne s’agit pas que d’une question de forme, mais de « la première étape d’une privatisation programmée de La Poste ». Si le Président de la République affirme ne pas avoir l’intention d’ouvrir le capital de l’entreprise, les opposants citent les précédents de France Telecom ou EDF pour justifier leur inquiétude : après leur changement de statut, ces entreprises avaient accueilli des capitaux extérieurs, entraînant « réduction de la qualité du service, suppressions massives d’emplois, augmentations tarifaires, priorité à la satisfaction des actionnaires ».

Ce point de vue est-il partagé à Sciences Po ? Nous le saurons lors du dépouillement, qui aura lieu à l’issue de la votation. Le résultat sera transmis au comité national contre la privatisation, voir : www.appelpourlaposte.fr