Penses-tu que le blocage de mardi soit légitime?

Non. ll est légitime de vouloir faire valoir ses revendications, mais il n'est pas légitime d'empêcher les autres d'étudier. Ils sont libres de le faire.

La liberté de manifester des uns s'arrête là où la liberté d'étudier des autres commence.

Et puis Ils peuvent très bien manifester autre-part. Sciences Po est une cible faible pour ces étudiants, et c'est pour que cela ne soit pas permanent que Nouvelle Donne se mobilise.

Quelle était la position de Nouvelle Donne mardi, au moment du blocage?

Nous avions déjà prévenu la direction qu'il fallait lancer le débat, permettre à tous de s'exprimer et notamment recevoir l'Ecole doctorale. Nous sommes moins directement concernés à notre sens, pour différentes raisons: nous sommes un syndicat "local" et non national, la réforme ne concerne pas Sciences Po et nous n'avons pas d'élus au Conseil doctoral. Il nous est donc difficile de nous exprimer.

Mais Nouvelle Donne a été créé en 2006 précisément pour protester contre les blocages contre le CPE: nous retrouvons donc toute notre légitimité ici. Nous avons créé un comité anti blocage qui regroupe plus de 200 personnes sur Facebook et avons l'intention de faire valoir ce soutien auprès de Richard Descoings qui nous recevra la semaine prochaine.

Pour nous, il est hors de question que le débat se fasse à Sciences Po.

Que penses-tu du fait que l'IEP soit visé par la colère des étudiants des autres universités? Cela te paraît-il légitime?

Pour citer Arnaud Bontemps de l'UNEF, les étudiants qui veulent éliminer le système des IEP le font en se basant sur les inégalités avec les universités, en termes de conditions matérielles et financières notamment. Je pense qu'il faut que les IEP tirent l'université vers le haut plutôt que l'inverse. Nous prendre comme modèle ne serait pas une mauvaise chose.

Regardez-nos, faites comme nous

Que penses-tu de l'avenir de ce mouvement? D'autres blocages, des manifestations... ou juste une fausse alerte?

Je crois qu'on est à un tournant stratégique: soit on laisse les étudiants prendre l'habitude d'utiliser Sciences Po comme un endroit à bloquer systématiquement pour se faire de la pub et passer au journal; soit on empêche que ça n'arrive à nouveau.Il faut dire stop. Sciences Po n deviendra pas une cible, quelle que soient les raisons invoquées. Il y a d'autres moyens de se faire entendre: video buzz sur internet, manifestations, etc.

Parmi les bloqueurs mardi, 15 seulement sur 150 étaient de Sciences Po.