Des systèmes juridiques différents

Le thème de la conférence part du constat qu’il existe de fortes disparités des législations européennes en matière de prostitution. Pour preuve, quatre systèmes très disparates cohabitent : le règlementarisme (réglementation administrative de la prostitution) en Allemagne, Autriche et Belgique ; l’abolitionnisme (la prostitution n’est ni encadrée, ni contrôlée, elle relève de la sphère privée) en Espagne et en Pologne ; le néo-abolitionnisme (toute prostitution est naturellement forcée et doit donc disparaître) en France et en Italie, et le prohibitionnisme en Lituanie et en Suède. C’est donc dans ce contexte que l’idée d’une harmonisation des systèmes fait progressivement son chemin, comme moyen de lutter efficacement contre les réseaux clandestins qui dominent le marché de la prostitution.

Le débat qui se tiendra vendredi à Sciences Po se veut contradictoire. Mme Guigou, tutrice du projet collectif, interviendra lors d’une brève introduction puis laissera la parole à deux tables rondes rythmées par une variété d’intervenants, à majorité féminine (députée, sénatrice, docteure, chercheur, ONGs, avocats…) :

  • De 14h10 à 15h45 : la première retracera l’état des lieux des législations européennes et leurs conséquences ;
  • De 16h à 17h15 : la seconde interrogera les modalités de leur harmonisation.

La prostitution, c’est tabou, mais en viendra-t-on à bout ?

Cette conférence de poids a pour ambition, en plus de relancer le débat sur la prostitution peu avant la Journée de la Femme, de mobiliser les politiques en vue des élections européennes. Force est de constater que leurs positions sur le sujet restent aujourd’hui très floues, voire inexistantes. A l’issue de la conférence, qui sera filmée, un rapport sera donc envoyé aux députés pour qu’ils prennent en compte l’enjeu, notamment au niveau des élections européennes.

Si le sujet vous intéresse, ou si vous souhaitez simplement vous informer en la matière, n’hésitez pas à vous inscrire à la conférence auprès de lauranne.favre@sciences-po.org. Réservation obligatoire mais entrée libre dans la limite des places restantes.