Ils étaient une trentaine, levés tôt en ce début de vacances, pour manifester contre une hausse de 54% des frais de scolarité à Sciences Po. Habillés de noir, des étudiants de l’UNEF, SUD Etudiant, Attac, Pavés, UEC, PG et PS se sont recueillis sur un cercueil en carton portant la mention « Le CA va-t-il voter la mort de Pipo ? ».

La cérémonie s’est déroulée entre 8h et 9h dans la cafeteria de la rue des Saints-Pères ; l’occasion pour les étudiants d’interpeller les membres du CA, nommés par le Premier Ministre. Malgré les « François, avec nous ! » lancés à son attention, le secrétaire général de la CFDT Monsieur Chérèque s’est discrètement dirigé vers l’ascenseur. Tous les hôtes sont partis au conseil avec plusieurs pages d’analyse sous le bras, surpris par l’accueil bruyant qui leur était réservé.

Le directeur de l’IEP, Richard Descoings, est venu prendre connaissance des revendications. La discussion a été animée. Pour le directeur, les manifestants étaient minoritaires, donc illégitimes. En effet, le plan Objectif 2013 a fait l’objet d’un premier vote en conseil de direction, lundi, lors duquel seuls les trois élus étudiants de l’UNEF se sont opposés à la réforme. Mais pour l’UNEF, « les autres syndicats ont voté le contraire de ce qu’ils avaient dit dans la campagne : les étudiants ont voté pour des syndicats qui avaient dit qu’ils ne soutiendraient pas le projet Â» Rappelons que le collectif « Objectif 2013 : D’autres choix sont possibles Â» avait publié la position de 5 syndicats sur son blog, au moment de la campagne pour les élections syndicales.

Sophie, membre d’Attac Sciences Po, témoigne : « On a demandé à Richard Descoings de reporter le vote et de faire un débat public à la rentrée pour associer les étudiants et les informer, qu’il y ait un vrai débat là-dessus. Il a dit que non, que de toute façon on lui avait pas demandé alors que c’est pas vrai, que les syndicats l’ont demandé et redemandé… Il était fâché parce qu’on lui a dit qu’il avait une responsabilité énorme dans la transformation du modèle d’éducation en France, et qu’il ne s’agissait pas seulement de Sciences Po, mais de tout le modèle d’enseignement supérieur français. La montée des droits d’inscription ce n’est pas insignifiant, ça signifie un basculement dans un modèle de libéralisation du marché de l’enseignement supérieur où le coût de financement est reporté sur les étudiants. Â»

Alors que débutait le CA, les manifestants ont porté le cercueil de l’IEP devant le bureau de Monsieur Descoings, en souvenir…