Cette année universitaire est marquée, pour la direction, par la fin de mandat de la plupart de ses membres. Besoin d' idées nouvelles, de faire parler de soi, mais surtout de sortir Sciences Po d'une logique qui risque à long terme de s'avérer perdante. La réforme du concours, des droits de scolarité et de l'ouverture de Sciences Po à l' international sont des sujets sur la table depuis votre première année (pour les plus vieux...). Les principaux syndicats de Sciences Po (UNEF, Nouvelle-Donne, UNI, Cé, Sud et Interzaid') en ont fait souvent les thèmes de leur campagnes syndicales. Et à juste titre puisque les réformes ici ne se passent pas sans eux. Les élections syndicales sont donc primordiales. C'est en commission paritaire que tout se passe. Voici en résumé et en synthétisé ce que vous devez savoir :

Réforme du concours :

Le concours ne diversifie pas plus que la mention TB aujourd'hui, puisque presque tous les étudiants admis à Bac+0 l'ont obtenue en 2008 (seul 14 candidats admis ont eu moins de 15/20 au bac).
Très cher, décrié, aux épreuves parfois peu révélatrices selon certains, la direction songe très sérieusement à le supprimer d'ici 2010. La valeur du diplôme n'en serait pas amoindrie selon elle, puisque des universités prestigieuses telles que Harvard ou la LSE ont déjà et depuis longtemps adopté ce système d' admission.

Position des principaux syndicats à ce sujet ?

A l' Unef ,on veut la suppression de l'examen d'entrée depuis plusieurs années déjà, par soucis d' égalité entre les étudiants, et on est donc d'accord avec la direction.

L' Uni a dit non, pour préserver la valeur du diplôme.

Interzaide Fac verte a accepté, considérant que le concours étant trop français, il faut le supprimer.

Nouvelle Donne semblerait être d'accord pour la réforme mais contre la suppression de la sélection.

Droits de scolarité :

Ils seraient radicalement changés. Les frais de scolarité sont injustes selon la direction et devraient être modulés en fonction du master choisi. Finance et stratégie ne rapporte pas pareil que le master Recherche. Rien de neuf a priori. Le risque que souhaitent éviter les têtes pensantes de ces réformes seraient que les pauvres aillent en « master pauvre Â» et les riches en « master riche », si l'on peut s'exprimer en ces termes barbares.

Le master recherche pourrait devenir gratuit si une plus grande sélection était effectuée à l'avenir et si le master recherche aboutissait à un doctorat, car tout seul, il ne vaut rien sur le marché de l'emploi. De plus, dans la logique de la direction, il est très important dans les classements internationaux des universités d'avoir des doctorants. Cela permettrait à Sciences Po d'être mieux reconnue à l'échelle internationale et d'augmenter ainsi la valeur du diplôme.

Autre point de la réforme : les frais de scolarité des étrangers. Actuellement plafonnés à 5000 euro (environ), ils pourraient monter à 35 000 euro ( le montant est encore discuté au sien de la direction, certaines sources l'infirmant même complètment). Les raisons avancées de cette multiplication par 7 sont les suivantes.

Sciences Po a besoin d'argent. Nouveaux locaux, E-learning, requêtes associatives en tous genres, cela coûte excessivement cher. De plus, à l' international (et beaucoup aux Etats-Unis), la valeur d'un diplôme se fait sur ses frais de scolarité. Les autres universités mondiales ayant compris cette logique, font payer très cher leurs masters. Cela permettrait de faire venir des gens qui sont très reconnus à l'étranger, et d'attirer des étudiants de qualité. C'est en tout cas ce qu' espère la direction.

Plus d'informations à venir, et des explications de syndicats. Ces mesures ne sont encore qu'à l'état de projet.
Wait and see ?

''NDLR : la source de cet article n'a pas souhaité être nommée, nous tenons donc à respecter ce choix. Les chiffres avancés sont réels, mais attention, ils restent à l'état de projets. Cé et Sud manquent, car ils n'ont apparemment pas fait de proposition en commission paritaire. En cas contraire, nous publierons bien évidemment leurs propositions. Cet article n'a pas pour but d'entrer dans le détail, mais de présenter rapidement les changements qui pourraient être opérés dans les prochaines années. Des articles plus poussés sont prévus pour parler de ces réformes et de la position de chaque syndicat.''

Photo : Antoine Genel