Pour justifier (et vendre) cette dernière mouture qui se positionne tout de même en effet en compétition directe avec le CELSA et les masters de communication des écoles de commerce, Richard Descoings a des arguments imparables.
- 1) L'école de com' de Sciences Po n'a rien à voir, camarades, rien à voir avec la formation de tous ces autres établissements d'enseignement supérieur spécialisés. Parce que, explique notre directeur, l'époque est clairement en train de passer par une profonde "révolution numérique" qui laisse justement un créneau à occuper, entre l'approche purement universitaire et l'approche marketing, seules proposées jusqu'alors. La "nouvelle école", elle, est pensée pour "un métier nouveau". Elle se pique par ailleurs de former, dans la grande tradition de l'Institut, des intuitifs, capables de s'adapter, doués à la sortie d'un "qui-vive technique aussi bien que pratique".
Bref, l'Ecole a le label Sciences Po (le diplôme Sciences Po bac +5 sera bien délivré au terme des deux années d'études) en plus d'un enseignement très pointu et bien calibré, ce qui ne peut que séduire les futurs employeurs. Bon point.
- 2) Autre détail intéressant, l'homme fort à qui Richard Descoings a confié la gestion de cette nouvelle structure est une pointure du milieu, et pas des moindres : Jean-Michel Carlo, ancien président de Young & Rubicam et d'Euro RSCG France, directeur général d'Ipsos, ancien vice-président d'Havas Advertising et, évidemment serais-je tentée de dire, ancien Sciences Po.
Autrement dit, un mastodonte hyper réseauté qui prendra les étudiants sous son aile. L'objectif annoncé de J-M Carlo est d'ailleurs de faire de la toute jeune structure "la plus belle école au monde dans le domaine de la communication" rien que ça, soit la promesse qu'il y voit un défi personnel. C'est bon signe.
- 3) La scolarité se déroule pour partie en anglais, avec une importante dimension internationale et une forte ouverture au monde de l'entreprise. Projets collectifs commandités, stages longs, études de cas concrets...
Nouveau bon point à n'en pas douter.
- 4) Le système est pour partie financé par de grandes agences de communication et des annonceurs majeurs comme L'Oréal. A priori donc, les frais de scolarité devraient rester aussi décents que ceux auxquels nous sommes habitués.
Conclusion : Coup de génie ou pas cela reste encore à voir. Mais Richard Descoings a une fois réussi à mettre Sciences Po sous les projo et démontré le dynamisme époustouflant du 27. Et ma foi, en attendant la suite, c'est toujours ça de pris.

Commentaires
Je propose de caser les 1ers diplômés de cette école à Scpo même, comme ça ils nous amélioreront la communication interne (Scpo -->étudiants) de m**** qui est la règle dans l'IEP. Vu le problème ils ne seront pas de trop.
OliveLes mauvaises langues les plus grogneugneu(x?) pourraient douter de la capacité de Sciences Po à former à la communication: mais l'apprentissage par le contre-exemple a souvent fait ses preuves, non ?
QSA