Dès 19h la foule s’est amassée devant l’entrée du 27. Finalement, trouver une place au sein de la cafétéria ne s’est pas avérée difficile, même si la plupart des étudiants s’était regroupée dans l’amphithéâtre Emile Boutmy pour voir une retransmission vidéo. Les résultats sont rapidement arrivés à 20h et n’ont pas créé la surprise. Chacun des intervenants a eu l’occasion de se féliciter du taux record de participation (plus de 85%) avant d’analyser le clivage droite – gauche finalement retrouvé. Au fur et à mesure de l’émission, les déclarations officielles des candidats ont été relayées : d’abord N. Sarkozy, dont l’appel aux « malades » a provoqué des rires dans l’assemblée, J.M. Le Pen dont tout le monde (ou presque) a applaudi le faible score final puis F. Bayrou, rassemblant un petit groupe attentif dans le jardin et S. Royal, dont le discours « peu éloquent » selon les dires d’Olivier Duhamel, a aussi laissé sourire une partie du public et des intervenants (voir photos ci-après).

Entre deux verres de vin dans le jardin de Sciences Po, nous avons pu recueillir les impressions de sympathisants de divers camps.

Sergueï (photo de gauche), 24 ans, est entré en 1er cycle à Dijon après avoir étudié à Moscou. Il est désormais un élève du master Métiers de l’Europe et défend des idées très arrêtées sur l’élection présidentielle. « Ce ne sont pas les résultats que j’attendais. J’espérais plus un Sarkozy-Bayrou ou un Sarkozy-Le Pen au second tour. Ca fait cinq ans que la France refuse d’accepter les réalités. » Mais alors, comment expliquer un score si bas pour le Front National ? « Les votes FN ont été amassés par Nicolas Sarkozy. Mais ils seront toujours là aux élections européennes. » Sergueï, qui vit en banlieue parisienne depuis deux ans, pensait qu’un vote extrême à droite était justifié pour régler les problèmes du quotidien. Il était un des seuls à applaudir l'intervention de J.M. Le Pen en cafétéria.

Le verre vide, le centriste garde quand même le sourire ! Charles (photo de droite), 1A, sympathisant de l’UDF était un des rares « oranges » à avoir gardé ses couleurs dans le jardin de Sciences Po, les autres s’étant curieusement réduits à l’annonce des résultats. Ses impressions étaient mitigées : à la fois ravi du score de F. Bayrou, triplé depuis 2002 et faisant apparaître l’UDF comme une véritable force politique, Charles n’a pu s’empêcher d’être déçu puisqu’il attendait le candidat au second tour. Pour lui, une scission droite/gauche est à prévoir au sein de l’UDF, le vote à gauche dépendant de la capacité du PS à se renouveler et à apparaître comme une force sociale-démocrate.

Sourire royal (pardon) des jeunes sarkozystes Margaux, Laura et Geoffroy (photo de gauche), tous en 1A, ont quant à eux très vite savouré leur joie dans le jardin de Sciences Po. Ces trois jeunes soutiens à N. Sarkozy étaient à la fois contents du score réalisé par le candidat, tout en se félicitant de la chute des extrêmes. Seul Geoffroy s’est déclaré être « indécis jusqu’au dernier moment », hésitant aussi bien à voter N. Sarkozy que S. Royal ou D. Voynet. Finalement, il déclare avoir choisi le candidat UMP « par défaut » et s’attardera davantage sur les programmes des candidats au second tour pour se décider.

(à venir : les impressions d'Etienne, au PS)

En bref, une soirée électorale à Sciences Po, ça donne :

  • des appariteurs transformés en vigiles…

  • … mais aussi en caméraman (2h c’est long !)

  • une cafet’ transformée en studio d’enregistrement ;

  • de la haute technologie avec écrans géants, diffusant les images de F2 ;

  • un Olivier Duhamel plus en forme que jamais, enchaînant les blagues aussi bien sur S. Royal que sur N. Sarkozy ;

  • des intervenants laissant fuser leurs rires à l’écoute des discours officiels ;

  • un passage obligé pour notre cher directeur, en tenue décontractée "jeans-chemise" du dimanche ;

  • un public varié mais attentif.

  • un cocktail très apprécié.


Réécoutez l'émission sur le site de France Culture.

Volna & Cécilia