Vie du campus

59ème Journée Dédicaces (II) : le reportage (comme si vous y étiez)

Samedi, à Sciences Po, c´était la Journée Dédicaces, événement organisé chaque année par le Bureau des Arts pour faire vendre et signer quelques livres par « vos auteurs préférés » avant les fêtes. « Il y aura James Joyce, alors ? », pouvions-nous lire dans les toilettes. Non, pas James Joyce, mais un paquet de personnalités hexagonales bien vivantes, qui se divisaient à peu près en deux catégories : les vu-à-la-télé et les vu-à-Sciences-Po. A événement « mondain » (champagne et macarons étaient, paraît-il, au rendez-vous), LaPeniche.net a répondu article « people ». Des questions pas forcément des plus intelligentes, mais si vous voulez de la littérature, de la vraie, allez donc faire un tour sur le site du BDA (ou lisez, tout simplement).

Alors, ça a donné quoi, cette Journée Dédicaces ?

Du bleu

L´homme en bleu, c´est Godefroy, hôte d´accueil, au service des visiteurs et écrivains. Toute la journée, lui et ses collègues ont tenté de donner un petit côté guindé (et délicieusement désuet) à l´événement. Mais au fait, c´est payé combien, ce boulot ? « Je ne peux rien dire »… La rémunération serait-elle inversement proportionnelle au degré de portabilité de la tenue ?

Du tourisme «On est des anciens de Sciences-Po, diplômés en 2003. On venait visiter, on se demande pourquoi il y a tant de monde… Ah bon, c’est la journée des dédicaces ?»

Du scandale

Alain Soral était invité par le BDA à la Journée Dédicaces. Il a été décommandé par la direction deux jours avant pour des raisons de sécurité, mais s´est « invité » avec quelques-uns de ses amis dans l´après-midi en péniche. Il a été renvoyé par le service d´ordre, ce qui a provoqué quelques remous au 27, rue Saint-Guillaume. On ne va pas vous décrire toute la scène, par ailleurs disponible sur une certaine vidéo. Tout ce qu´on peut vous dire, c´est qu´elle n´était pas exempte de contradictions et d´incohérences, d´un côté comme de l´autre : « je n´ai aucun problème de sécurité nulle part » (A. Soral), « la dernière fois que j´ai été passé à tabac (…) » (Soral), « personne ne veut vous passer à tabac » (Richard Descoings, alors que la direction avait invoqué comme raison de refus l´impossibilité d´assurer sa sécurité), qu´elle a été ponctuée par des « Bravo, Sciences Po ! » ou « Soral, liberté ! » et qu´elle s´est effectivement terminée par la libération dudit personnage… sur le trottoir.

Quelques réactions recueillies deci delà.

La voix officielle (Laurent Bigorgne)

« On a appris jeudi qu´Alain Soral devait venir. On sait qu´à chacune de ses interventions publiques, M. Soral attire dans son sillage des événements violents. Notre priorité, c´est la sécurité des personnes et des biens. On applique le principe de précaution ». (Alain Soral était programmé depuis septembre, ndlr)

Le sage (René Rémond)

Une simple question de sécurité ou une décision politique ? (cf les rapports qu´entretient Alain Soral avec Jean-Marie Le Pen)

« Des informations laissaient à penser que la situation pouvait dégénérer. Je suis pour que toutes les opinions puissent s´exprimer, mais la politique ne doit pas dégénérer en rapport de force (…). Il ne faut pas transformer la rue Saint-Guillaume en Parc des Princes »

L´autre voix (David Abiker)

« Quand les conventions ZEP ont commencé à Sciences Po, j´avais fait un papier dans Libération en disant d´attendre de voir ce que ça donnait avant de juger et de décider si on gardait ou non. Là, c´est pareil. Il fallait le laisser venir signer ses livres, et réagir seulement en cas de problème… »

De la polémique (Jean-Paul Brighelli)

Sciences Po, une fabrique à crétins ?

« Non, pas spécialement. En revanche, comme certains de Sciences Po deviennent parfois quelque chose dans le futur gouvernement, il pactiseront avec les futurs dirigeants de la fabrique à crétins… »

Des exemples de crétins qui sortent de Sciences Po ?

« De Sciences Po, je ne sais pas, mais de l´ENA il y en a quand même un certain nombre, dont une qui se voudrait Présidente de la République, et qui quand elle le sera ne manquera pas de nommer ce qu´il y a de plus crétin au ministère de l´éducation… »

De la polémique ratée (Jean-François Kahn)

Faut-il supprimer l´ENA ?

« Ca, c´est le genre de questions qu´on pose lors d´une conférence où tout le monde est en train de s´endormir… On est sûrs que là, tout le monde va réagir » (c´était le but, ndlr)

Du dandysme romantico-germanopratin (Florian Zeller)

La journée des dédicaces ?

« La lecture, comme l´écriture, sont deux plaisirs solitaires, et c´est l´un des rares moments où les deux peuvent se rencontrer… »

Sciences Po ?

« Ce qu´il y a de bien, à Sciences Po, c´est qu´il y a beaucoup de temps pour faire autre chose. Pour écrire, pour rencontrer des gens. Pour tomber amoureux. Pour vivre, quoi ! »

Du féminisme (Isabelle Alonso)

Il y a plus de filles que de garçons à Sciences Po, mais le rapport s´inverse en ce qui concerne l´ENA. Effet « plafond de verre » ?

« Oui, tout à fait. Les femmes se posent des barrières inconscientes. Il faudrait qu´il y ait des cours obligatoires sur l´histoire du féminisme pour que les femmes comprennent qu´elles ont un rôle à jouer. Ça ne devrait pas être une option, sinon ça n´avancera pas. On ne peut pas continuer à proclamer « liberté, égalité, fraternité » dans le vide ».

Ségolène Royal candidate officielle du PS, c´est un bon signal ?

« Oui, et il faut arrêter de lui reprocher de jouer sur la carte féminine. Elle a droit de s´assumer en tant que femme. Auparavant, toutes les nanas qui arrivaient au pouvoir voulaient montrer qu´elles étaient des mecs commes les autres… ».

Du n´importe quoi

Tania de Montaigne : « S´il y a bien quelqu´un qu´il faut aller voir, c´est David Foenkinos. Il est formidable. Ses lectrices sont des scientifiques, trentenaires, randonneuses, un peu névrotiques. Elles s´appellent souvent Laetitia, je crois. Moi, c´est plutôt Martine ».

L´intéressé : «Ah non, moi je suis trèèès Sonia. En fait, toutes. J´ai beaucoup de succès auprès des femmes…».

Du pénichocentrisme

Des chevilles qui enflent…

Laurent Bigorgne : « Je suis un lecteur assidu de LaPeniche.net et je vais très souvent sur le site de la RSP. Tous ces médias à Sciences Po, c´est un formidable moyen de relier les étudiants entre eux ».

… et qui dégonflent

« M. Rémond, vous lisez LaPeniche.net ? Pas régulièrement. Mais vous connaissez ? Non. »

Vous en voulez plus ? Plein de photos ici, mais aussi l’interview de Richard Descoings par la RSP, et le compte-rendu de la Journée Dédicaces par M. Abiker sur le Big Bang Blog

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